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Article publié dans les Dossiers de l'Allaitement n° 56 (Juillet – Août – Septembre 2003)
Infectivité du lait de mères séropositives pour le VIH
Breast-milk infectivity in human immunodeficiency virus type 1-infected mothers. BA Richardson, GC John-Stewart, JP Hughes, R Nduati et al. J Infect Dis 2003 ; 187 : 736-40. Mots-clés : VIH, lait maternel, transmission verticale.
Le VIH est transmis par le sang, les sécrétions génitales, et le lait maternel. Le risque de transmission du VIH est très bas chez les couples hétérosexuels discordants n’utilisant aucun moyen de protection ; d’après les études sur le sujet, il est habituellement compris entre environ 1 pour 660 rapports sexuels et 1 pour 3330 rapports sexuels. Mais on sait peu de choses sur le niveau d’infectivité du lait maternel.
Les auteurs ont évalué le risque de contamination de l’enfant par litre de lait maternel ingéré, et par jour d’allaitement, à partir des données recueillies dans une étude sur des enfants nés de mères séropositives pour le VIH (Nduati et al. Effects of breastfeeding and formula feeding on transmission of HIV-1 : a randomized trial. JAMA 2000 ; 283 : 1167-74). Les mères et les enfants ont été vus tous les mois pendant la première année, puis tous les trimestres pendant la seconde année. La quantité de lait reçue par les enfants que la mère disait allaiter a été estimée à partir des réponses des mères sur ce que consommait leur enfant.
La probabilité de transmission du VIH par le biais du lait maternel était approximativement de 0,64 pour 1000 litres de lait maternel absorbés par l’enfant, soit de 1 contamination pour environ 1500 litres de lait maternel consommés. Les enfants allaités de cette étude ont consommé environ 150 l de lait maternel pendant toute la durée de l’allaitement. La probabilité de transmission était de 28% pour 1000 jours d’allaitement, ce qui correspondait à environ 10 infections / 100 enfants par année d’allaitement. Elle était nettement plus importante chez les mères qui étaient à un stade avancé de la maladie, et qui avaient une charge virale élevée et un taux bas de CD4. Elle était similaire chez les enfants de moins de 4 mois et les enfants de plus de 4 mois. Le risque de transmission du VIH par le biais du lait maternel semble donc à peu près aussi bas que le risque de transmission hétérosexuelle.
Hépatite B et allaitement
Risk of hepatitis B transmission in breast-fed infants of chronic hepatitis B carriers. JB Hill, JS Sheffield, MJ Kim et al. Obstet Gynecol 2002 ; 99(6) : 1049-52. Mots-clés : hépatite B, allaitement.
Le but de cette étude américaine était d’évaluer le risque de transmission de l’hépatite B par le biais de l’allaitement par une mère porteuse chronique du virus.
Depuis 1992, des informations sur les femmes enceintes porteuses du HVB sont recueillies pour une grande étude longitudinale prospective. Toutes ces femmes sont identifiées. L’enfant reçoit à la naissance une prophylaxie spécifique, et il est suivi jusqu’à 15 mois pour recherche d’une contamination.
Au total, 369 enfants nés de mères porteuses du HBV ont été enrôlés. Ils ont tous reçu une injection d’immunoglobulines à la naissance, puis toutes les injections de vaccin contre l’hépatite B. 101 enfants étaient allaités, et ont été comparés aux 268 enfants nourris au lait industriel. 3 des mères allaitantes avaient des taux anormaux de transaminases, ainsi que 6 mères non allaitantes. Au total, 9 enfants ont été contaminés (2,4%). Aucun (0%) des 101 enfants allaités n’a été contaminé (durée moyenne de l’allaitement : 4,9 mois, durée comprise entre 2 semaines et 1 an). 9 enfants (3%) nourris au lait industriel ont été contaminés.
Lorsque le programme de prévention de la transmission verticale du HBV a été appliqué (injection d’immunoglobulines et vaccination), l’allaitement par une mère porteuse chronique du HBV n’augmente pas le risque de contamination de l’enfant.
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