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DA 70 : Allaitement et dépression maternelle

Mise à jour le Jeudi, 26 Février 2009 17:26



Article publié dans les Dossiers de l'Allaitement numéro 70 (Janvier – Février – Mars 2007)

Le post-partum est une période pendant laquelle de nom­breuses femmes éprouveront des troubles émotionnels va­riés. Cela peut être en rapport avec les modifications hormo­nales suite à l’accouchement, à la fatigue de la grossesse et de l’accouchement, au stress lié aux soins à donner à l’enfant, ainsi qu’à d’autres facteurs préexistants… Les trou­bles émotionnels seront d’importance et de durée variables, depuis le baby blues temporaire jusqu’aux troubles psychia­triques sévères et persistants. 15 à 25% des femmes pré­senteront une dépression d’intensité et de durée variable pendant les 3 premiers mois post-partum (faisant suite à une dépression pendant la grossesse dans 20% des cas), et une femme sur cinq en souffrira de façon persis­tante pendant les 5 premières années qui suivront la nais­sance (O’Hara, 1984 ; Garrison, 1986, Glangeaud-Freudenthal, 1999).

Des études ont constaté que la survenue d’une dépression chez une mère avait un impact négatif sur le développement des jeunes enfants (Allen, 1998 ; Kendall-Tackett, 2005). L’impact d’une dépression maternelle sur l’enfant nécessite davantage d’études, avec une méthodologie rigoureuse. Nous ignorons encore beaucoup de choses sur cet impact. Par ailleurs, les relations entre l’allaitement, la dépression maternelle et le développement de l’enfant restent très peu étudiées. Une étude récente concluait à un impact protecteur de l’allaitement chez l’enfant vis-à-vis de certains effets négatifs de la dépression maternelle (Jones, 2004) ; les en­fants allaités avaient des réactions émotionnelles plus positi­ves, et il existait davantage d’interactions mère-enfant lors­que l’enfant était allaité.  Les nourrissons de mères dépri­mées en période néonatale avaient une moins bonne réponse aux expressions faciales d’émotion, et ils présentaient da­vantage de manifestations de stress (Lundy, 1999 ; Jones, 1998). Si certains estiment que ce comportement de l’enfant est la manifestation de son adaptation au comportement de la mère, d’autres pensent que cela pourrait avoir un impact néfaste à long terme. Le fait que cette réponse de l’enfant soit perceptible dès la période néonatale suggère l’existence d’interactions complexes entre la programmation génétique du nourrisson et ses capacités d’adaptation à son environne­ment.

Des études ont également constaté un impact physiologi­que. Les nourrissons dont la mère est déprimée ont une acti­vité plus basse au niveau du cortex frontal, une variabilité plus faible du rythme cardiaque, et des modifications de certains paramètres biochimiques, tels qu’un taux plus élevé de noradrénaline et de cortisol, et un taux plus bas de dopa­mine et de sérotonine, par rapport à des enfants dont la mère n’est pas déprimée (Jones, 1998 ; Field, 1995 ; Field, 2004). On observe ces mêmes modifications chez les adultes dé­primés, et elles semblent liées à une augmentation de l’intensité des réponses au stress et à la baisse d’intérêt pour l’environnement (Davidson, 2000). Or, la petite enfance est une période critique pour la mise en place des réponses neu­rologiques et pour le développement de la régulation des émotions (Kandel, 2000).

L’allaitement favorise un lien étroit entre la mère et son enfant, et facilite les interactions entre eux (Lavelli, 1998 ; Worobey, 1992). Une étude a montré que les mères qui al­laitaient touchaient davantage leur enfant. D’autres études ont constaté qu’elles étaient plus enclines à répondre aux besoins de leur bébé (Bernal, 1970 ; Dunn, 1977 ; Kuzela, 1990 ; VanDiver, 1997 ; Wiesenfeld, 1985 ; Worobey, 1998). Les paramètres biologiques des enfants allaités par une mère déprimée étaient également meilleurs que ceux des enfants nourris au lait industriel ; ils avaient en particulier une activité du cortex frontal similaire à celles de bébés dont la mère n’était pas déprimée.  Il semble que la relation d’allaitement puisse atténuer l’impact négatif sur l’enfant d’une dépression maternelle.

Des centaines d’études ont été publiées sur la dépression du post-partum, mais très peu prenaient en compte l’allaitement, et elles se focalisaient habituellement sur le passage des médicaments dans le lait. Des études ont cons­taté que les mères déprimées étaient moins nombreuses à allaiter et le faisaient pendant moins longtemps (Field, 2002 ; Galler, 1999). Les études portant sur les raisons don­nées par les mères pour un sevrage précoce se sont essen­tiellement focalisées sur les facteurs maternels. Peu d’études ont évalué les relations entre certaines caractéristiques de l’enfant et la durée de l’allaitement. Les bébés allaités sont plus actifs, plus éveillés, plus irritables, et mieux organisés (DiPietro, 1987 ; Zeskind, 1992). Une mère dépressive pour­rait percevoir ces caractéristiques comme étant peu souhaita­bles, et désirer sevrer pour cela. L’équipe de l’auteur a constaté que les mères déprimées étaient plus enclines à sevrer lorsque les réactions de leur bébé étaient plus souvent négatives, alors que ce n’était pas le cas lorsque la mère n’était pas déprimée. Il semble donc que le comportement de l’enfant affecte le point de vue de sa mère sur l’allaitement.

Des études ont évalué les relations entre la dépression maternelle et la survenue d’un sevrage précoce. Une étude (Galler, 1999) a constaté qu’à 7 semaines post-partum, les mères dépressives étaient moins enclines à allaiter et avaient une vision plus négative de l’allaitement, tant sur l’allaitement actuel que sur un éventuel futur allaitement. Les auteurs concluaient qu’il était nécessaire de traiter les mères dépri­mées afin d’augmenter les chances de succès de l’allaitement. Misri et al (1997), dans une étude portant sur 51 femmes souffrant de dépression importante, ont constaté que la dépression avait précédé le sevrage chez 83% des femmes. Seulement 17% ont dit que la dépression avait débuté après le sevrage. Une étude anglaise (Bick, 1998) aboutissait aux mêmes conclusions, dans leur étude portant sur 906 femmes interrogées 45 semaines après la naissance. Dans leur étude, 63% des femmes avaient commencé à al­laiter, mais 40% d’entre elles avaient sevré avant 3 mois. Les facteurs prédictifs d’un sevrage précoce étaient la dépression maternelle, la reprise d’un travail avant 3 mois post-partum, et le fait que les soins à l’enfant étaient régulièrement assu­rés par une autre femme que la mère.

Dans une étude australienne (Astbury, 1994), portant sur 790 femmes vues à 8-9 mois post-partum, les femmes qui n’avaient pas du tout allaité et celles qui avaient sevré avant 3 mois étaient significativement plus nombreuses à présenter une dépression. Une étude pakistanaise (Taj, 2003) a observé la même chose. Sur les 100 femmes suivies, ayant accouché depuis 2 mois à 2 ans, presque toutes les femmes qui pré­sentaient une dépression ont commencé à être déprimées avant le sevrage. Les auteurs concluaient que la dépression amenait ces mères à sevrer leur enfant. Une étude américaine (Hatton, 2005) constatait un taux plus bas de dépression chez les mères qui allaitaient à 6 semaines par rapport à celles qui n’allaitaient pas ou avaient déjà sevré. Après analyse, ces auteurs ne retrouvaient aucune différence significative quant au niveau de dépression entre les mères qui allaitaient et celles qui n’allaitaient pas, les signes de dépression s’atténuant nettement entre 6 et 12 semaines post-partum chez toutes les femmes.

Les personnes qui travaillent auprès de mères allaitantes avaient constaté empiriquement que ces mères étaient moins stressées que les mères qui n’allaitaient pas. Par exemple, Mezzacappa et Katkin (2002) ont effectué une enquête au­près de mères allaitantes ou non allaitantes pour évaluer leur état émotionnel pendant le mois précédent, ainsi qu’avant et après une tétée ou un repas au biberon, chaque mère étant son propre témoin. Les mères allaitantes faisaient état d’un niveau plus bas de stress, et la tétée au sein induisait chez la mère des sentiments plus positifs que le don d’un biberon. Mais il a fallu attendre un certain temps pour en obtenir la confirmation biologique. Un certain nombre d’études ont maintenant montré que les hormones de l’allaitement abais­saient les réponses au stress chez la mère.

Toutefois, l’existence de problèmes d’allaitement peut être source de stress et de dépression chez la mère. Dans une étude, la fatigue, le stress et la dépression étaient corrélés à l’importance des problèmes d’allaitement chez des mères, à J3, puis à 3, 6 et 9 semaines (Wambach, 1998). Dans une autre étude, portant sur 465 femmes, un vécu négatif à 1 mois post-partum était corrélé à une dépression à 4 mois (Chaudron, 2001). Le risque de dépression était similaire chez les femmes qui allaitaient et celles qui nourrissaient leur bébé au lait industriel, mais les femmes qui se faisaient du souci à propos de leur allaitement étaient plus nombreu­ses à souffrir de dépression que celles qui ne s’en faisaient pas. Les problèmes de mamelons douloureux, qui sont rela­tivement fréquents, peuvent induire un sevrage précoce même si la mère était motivée pour allaiter (Schwartz, 2002). Ils peuvent également avoir un impact psychologique sur la mère : les femmes qui avaient mal étaient plus nom­breuses à être déprimées, et la dépression disparaissait lors­que le pro­blème douloureux était résolu (Amir, 1996).

Un niveau élevé de stress modifie la sécrétion de certains neurotransmetteurs, avec pour résultat un excès d’acétylcholine (Marshall, 1993). Un stress prolongé induit une augmentation des hormones de stress, comme le cortisol, et un taux élevé de cortisol peut avoir un impact négatif sur l’allaitement. Une étude a recherché le taux de cortisol chez des femmes avant et après la naissance (Grajeda, 2002). Les auteurs ont constaté que les primipares avaient des taux de cortisol plus élevés que les multipares, et que le taux de cortisol était significativement élevé en post-partum pré­coce ; le stade II de la lactogenèse était significativement retardé chez les femmes qui avaient les taux de cortisol les plus élevés. Une autre étude a fait état d’une corrélation positive entre le taux de cortisol et le niveau de fatigue chez des mères allaitantes (Groër, 2005). Les auteurs ont égale­ment noté que les mères qui étaient fatiguées, anxieuses ou qui faisaient état d’un vécu négatif avaient un taux plus bas de prolactine et un taux plus élevé de mélatonine dans leur lait que les mères qui n’étaient pas spécialement fatiguées ou déprimées. Le taux sérique de prolactine était également plus bas chez les femmes déprimées. Cela peut induire une pro­duction lactée insuffisante, qui à son tour favorisera un se­vrage précoce.

Les raisons pour lesquelles les mères déprimées ont du mal à établir une relation d’allaitement gratifiante avec leur enfant sont variées. Il est possible que la mère soit trop cen­trée sur ses difficultés émotionnelles pour se préoccuper de celles de leur enfant. Il est également possible que les mères ne soient pas suffisamment informées des bénéfices de l’allaitement pour la relation mère-enfant, et pour le bien-être psychologique et physiologique de la mère et de l’enfant. Car l’allaitement présente d’importants bénéfices pour l’enfant dont la mère est déprimée. Si ces mères sa­vaient cela, nombre d’entre elles continueraient probable­ment à allaiter. Il serait donc nécessaire d’informer les mè­res, et de soutenir activement les mères déprimées afin de les aider à poursuivre l’allaitement, tout particulièrement si leur bébé a des réactions estimées négatives.

Dans la mesure où la survenue d’une dé­pression mater­nelle augmente significative­ment le risque de sevrage pré­coce, il est né­cessaire d’évaluer régulièrement l’état émo­tionnel de la mère. Des échelles d’évaluation du niveau de dépression existent pour ce faire. Les problèmes d’allaitement, tout parti­culièrement les problèmes doulou­reux, favo­risent la survenue d’une dépression. Il est donc nécessaire de les résoudre au plus vite. Les mères déprimées devraient être encouragées à pour­suivre l’allai-tement, dans la mesure où il protège en partie le bébé vis-à-vis de l’impact négatif de la dépression mater­nelle. Si un traitement antidépresseur s’avère utile, on choi­sira un produit utilisable pendant l’allaitement.

Nous manquons encore de données sur les relations entre dépression maternelle, allaitement, et développement  de l’enfant. L’allaitement pourrait protéger l’enfant vis-à-vis des effets physiologiques et émotionnels négatifs d’une dé­pression maternelle. D’autres études sur le sujet sont néces­saires, ainsi qu’un soutien adapté aux mères souffrant de dépression.


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