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Article publié dans le numéro hors série des Dossiers de l'allaitement consacré à la JIA (Journée Interantionale de l'Allaitement) 2008
Carlos González, pédiatre, président de l'ACPAM (Associació Catalana Pro Alletament Matern). 7ème Journée Internationale de l’Allaitement, 14 mars 2008, Espace Reuilly, Paris.
La diversification alimentaire est souvent un période d’angoisse pour les enfants et les parents, et quelques mythes très repandus parmi les professionels de santé et la population genérale contribuent à cette angoisse.
Mythe : à 6 mois, l’enfant devient stupide.
Jusqu’à 6 mois, tant qu’il est exclusivement allaité, et les seins n’étant ni transparents, ni gradués, ni les parents ni les médecins ne savent la quantité de lait qu’avale le bébé, et si le bébé prend normalement du poids, on suppose qu’il prend ce dont il a besoin. Et puis d’un seul coup, à 6 mois, il devient nécessaire de dire à la mère exactement quels aliments elle doit donner, à quelles heures, et en quelles quantités, l’enfant étant bien entendu estimé incapable de savoir ce dont il a besoin. Or, au fil des décennies, les recommandations sur l’alimentation infantile ont considérablement varié. Force est de constater que nous ne savons pas exactement quels sont les besoins d’un jeune enfant. Par ailleurs, il peut y avoir d’importantes variations individuelles. Bref, c’est le petit Jean, 9 mois, qui est le mieux placé pour savoir ce qu’il a besoin de manger tel jour à telle heure.
Mythe : après 12 mois, le lait maternel n’est plus nourrissant
Beaucoup de mères s’entendent dire qu’après X mois leur lait « n’est plus que de l’eau ». C’est faux. L’apport calorique réalisé par le lait maternel reste supérieur à celui de nombreux autres aliments, et les nutriments du lait ont une biodisponibilité optimale.
Mythe : avec les solides, le bébé prendra plus de poids.
Tout le monde sait qu’un bébé de 2 mois qui ne reçoit que du lait prend plus de poids qu’un bébé de 10 mois qui consomme aussi des bouillies, des légumes, de la viande… Mais ce mythe refuse de mourir. Par ailleurs, les courbes de poids sont souvent mal interprétées. On oublie que la ligne du milieu signifie uniquement que 50% des enfants sont au-dessus, et 50% sont au-dessous. Et les lignes de percentiles ne sont pas des « petits chemins » : la plupart des enfants croisent une ou deux de ces lignes.
Mythe : il faut manger sa soupe
La soupe, les fruits, les légumes, tous ces aliments que la mère pense très sains et nutritifs, sont avant tout de l’eau et quelques autres petites choses. Les jeunes enfants préfèrent habituellement les aliments à haute valeur calorique : le riz, les pâtes, les pommes de terre, la viande. Les enfants préfèrent également les aliments consommés par leur mère à des bouillies spécialement préparées pour eux.
Il n’y a aucun fondement scientifique pour dire qu’un enfant de tel âge doit manger telle quantité de tel ou tel aliment. Il serait bon de commencer à reconnaître que l’enfant est le mieux placé pour savoir ce dont il a besoin, et qu’après 6 mois comme avant cet âge il peut continuer à se nourrir à la demande.
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