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Quelques Etudes 2008

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Certaines interventions ont un impact sur l’allaitement

Effect of intervention on the rates of breastfeeding of very low birth weight newborns. Santoro Júnior W, Martinez FE. J Pediatr 2007 ; 83(6) : 541-6.

Une action simple de soutien aux mères d’un grand prématuré pen­dant l’hospitalisation de leur en­fant, puis après le retour au domi­cile, a permis d’augmenter signifi­cativement la durée de leur allai­tement. 38,9% des bébés étaient allaités (8,4% l’étant exclusive­ment) au moment de leur sortie du service dans le groupe témoin, contre 80,5% (dont 19,5% d’allaitement exclusif) dans le groupe intervention. La durée mé­diane de l’allaitement était de 54 jours dans le groupe témoin contre 91 jours dans le groupe interven­tion.

 

Hospital practices that increase breastfeeding duration : results from a population-based study. Murray EK et al. Birth 2007 ; 34(3) : 202-11.

Les pratiques hospitalières qui avaient un impact positif sur la durée de l’allaitement étaient : une première mise au sein dans l’heure qui suivait la naissance, l’allaitement exclusif pendant le séjour en maternité, la cohabita­tion mère-enfant pendant ce sé­jour, le fait que l’enfant ne rece­vait pas une sucette, et le don à la mère d’un numéro de téléphone si elle souhaitait recevoir des infor­mations sur l’allaitement après sa sortie de maternité. La mise en œuvre de 5 pratiques hospitalières simples dans tous les services de maternité permettrait à elle seule d’augmenter significativement la durée de l’allaitement.

 

The impact of implementation of the Breastfeeding Friendly Pri­mary Care Initiative on the pre­valence rates of breastfeeding and causes of consultations at a basic healthcare center. Cardoso LO et al. J Pediatr 2008 ; 84(2) : 147-53.

La mise en œuvre d’un pro­gramme de soutien actif aux mè­res allaitantes pendant la première année post-partum par le biais d’une consultation pédiatrique a permis une augmentation significative de la prévalence de l’allaitement ex­clusif pendant les 6 premiers mois, ainsi qu’une augmentation importante de la prévalence de l’allaitement entre 6 et 12 mois. Elle a également permis d’abaisser franchement le nombre de consultations pour une diarrhée ou une infection respiratoire.

 

 

A hospital-based doula program and childbirth outcomes in an ur­ban, multicultural setting. Mottl-Santiago J et al. Matern Child Health J 2008; 12(3) ; 372-7.

Dans cette population urbaine multiculturelle, ce programme de doulas avait un impact positif sur le déroulement de l’accouchement et sur le démarrage de l’allaitement. Les femmes qui avaient eu le soutien d’une doula étaient significativement plus nombreuses à avoir décidé d’allaiter et à avoir démarré un allaitement, et cet impact était constaté chez toutes les femmes quelle que soit leur parité. Il y avait également un taux plus bas de césarienne chez les primipares suivies par une doula.

 

 

Avantages économiques

What is the cost of providing 100 mls of own mothers’ milk (OMM) for very low birth weight (VLBW < 1500 g) infants ? Jegier BJ et al. 13th International Conference of the International Society for Research in Human Milk and Lactation. J Hum Lact 2007 ; 23(1) : 87.

Le lait que tire pour son bébé la mère d’un grand prématuré pro­tège ce bébé particulièrement vul­nérable contre de nombreuses pa­thologies dont le traitement est coûteux, et qui sont susceptibles d’induire des handicaps à long terme. Le coût du don de lait ma­ternel a été calculé à partir du prix mensuel de la location d’un tire-lait électrique, du kit individuel d’expression du lait, et du temps consacré par la mère à tirer son lait (coût horaire). Le coût de la fourniture quotidienne de 100 ml de lait maternel exprimé était très bas : 2,47 $, ou 0,65 $ si on ne prenait pas en compte le coût ho­raire du temps consacré par la mère à tirer son lait.

 

 

Les avantages de l’allaitement perdurent après le sevrage

The association of breastfeeding in infancy and adult cardiovas­cular disease risk factors : the Framingham third generation co­hort. Parikh NI et al. Circulation 2007 ; 116(16 Supp) : II-792.

Les participants qui n’avaient pas été allaités avaient un index de masse corporelle légèrement plus élevé (26,9 contre 26,1 kg/m²), et un taux plus bas de HDL (53,7 contre 56,6 mg/dl) après ajuste­ment pour les autres variables. L’allaitement était inversement corrélé à l’index de masse corporelle à l’âge adulte, et positivement corrélé au taux de HDL.

 

 

Infant-feeding methods and child­hood sleep-disordered breathing. Montgomery-Downs HE et al. Pediatrics 2007 ; 120(5) : 1030-5.

Parmi les enfants étudiés, ceux qui avaient été allaités pendant au moins 2 mois présentaient des troubles apnéiques significative­ment moins sévères que les enfants qui n’avaient pas du tout été al­laités, et ce pour tous les paramè­tres mesurés, y compris l’index d’apnée et d’hypopnée, le taux de saturation en oxygène, et le nom­bre de réveils induits par l’apnée.

 

 

Can breastfeeding avert the ap­pearance of growth pains during childhood ? Kaspiris A et al. Clin Rheumatol 2007 ; 26(11) : 1909-12.

32,5% des enfants qui n’avaient pas été allaités avaient présenté des douleurs de croissance, contre 19,6% des enfants qui avaient été allaités. L’impact de l’allaitement semblait également dose-dépendant : 29,8% des enfants qui avaient été allaités pendant moins de 40 jours avaient présenté ce type de dou­leurs, contre 16,2% des enfants qui avaient été allaités pendant plus de 40 jours.

 

 

Predictors of maternal control of feeding at 1 and 2 years of age. Blissett J, Farrow C. Int J Obes 2007 ; 31 : 1520-6.

L’allaitement favorise des prati­ques parentales plus saines vis-à-vis de l’alimentation de leur en­fant, et il est corrélé en particulier à une moindre pression exercée sur l’enfant pour le pousser à manger davantage, ou au contraire à moins manger.

 

 

Consequences of bottle-feeding to the oral facial development of ini­tially breastfed children. Carrascoza KC et al. J Pe­diatr 2006 ; 82(5) : 395-7.

Un bon tonus des lèvres était constaté chez 65% des enfants de 4 ans ayant reçu des biberons contre 85% des enfants qui n’en avaient jamais eu. 53% des en­fants ayant reçu des biberons avaient une langue hypotonique contre 27% de ceux qui n’en avaient jamais reçu. 69% des en­fants n’ayant jamais reçu de bibe­rons respiraient uniquement par le nez (mode optimal de respiration), alors que 63% des enfants ayant reçu des biberons avaient un mode de respi­ration mixte (nez-bouche). 10% des enfants n’ayant jamais reçu de biberons présentaient une atrésie maxillaire, contre 22% des enfants ayant reçu des biberons.

 

 

Effects of birth order and mater­nal age on breast cancer risk : modification by whether women had been breast-fed. Nichols HB et al. Epidemiology 2008 ; 19(3) : 417-23.

Le risque de cancer du sein était 1,2 fois plus élevé chez les femmes qui n’avaient pas été al­laitées. Parmi les femmes qui avaient été allaitées, celles qui avaient au moins 3 frères et soeurs plus âgés avaient un risque de cancer du sein moins élevé que les femmes qui étaient le premier en­fant de la fratrie (RR: 0,58), cette corrélation n’étant pas constatée chez les femmes qui n’avaient pas été al­laitées.

 

 

Le lait humain : bon pour tous les enfants

Benefits of breastfeeding in cystic fibrosis : a single-centre follow-up survey. Colombo C et al. Acta Paediatr 2007 ; 96(8) : 1228-32.

La fonction pulmonaire était meil­leure chez les enfants souffrant de mucoviscidose qui avaient été allaités longtemps, et ils avaient présenté moins d’infections pendant les 3 premiè­res années de vie. L’allaitement long est bénéfique pour les enfants souffrant de mucoviscidose, et il semble améliorer à long terme leur fonction pulmonaire. Il serait nécessaire de promouvoir active­ment l’allaitement de ces enfants.

 

 

 

Le lait humain favorise le développement neurolo­gique

Attention behaviour and hyperac­tivity at age 4 and duration of breastfeeding. Julvez J et al. Acta Paediatr 2007 ; 96(6) : 842-7.

L’allaitement long (> 20 semai­nes) était corrélé à un score plus élevé de 4,9 points en moyenne au test sur les fonctions exécutives, à de meilleurs compétences sociales (RR d’être dans le quintile ayant les moins bons scores : 0,52 chez les enfants allaités pendant moins de 12 semaines par rapport aux enfants allaités > 12 semaines) et de troubles déficitaires de l’attention (RR 0,56 pour un al­laitement > 12 semaines).

 

 

Breast-fed infants process speech differently from bottle-fed infants : evidence from neuroelectrophy­siology. Ferguson M, Molfese PJ. Dev Neuropsychol 2007 ; 31(3) : 337-47.

Après correction pour les autres variables, des modifications de potentiel cognitif évoqué étaient constatées uniquement chez les enfants allaités, avec une différen­ciation entre tous les sons liés au langage, et des réponses consta­tées dans toutes les régions des 2 hémisphères. De telles différences sur le plan des réponses cérébrales aux stimuli permettent de penser que les enfants qui ne sont pas allaités sont désavantagés sur le plan des apprentissages cognitifs et du langage, même lorsqu'ils re­çoivent un lait enrichi en acides gras polyinsaturés.

 

 

Persistent beneficial effects of breast milk ingested in the neo­natal intensive care unit on out­comes of extremely low birth weight infants at 30 months of age. Vohr BR et al. Pediatrics 2007 ; 120(4) : e953-9.

Après correction pour les autres variables et analyse par régression logistique multiple, chaque aug­mentation de 10 ml/kg/jour de lait maternel reçue par ces très grands prématurés était corrélée à une augmentation de 0,59 points à l’échelle de déve­loppement mental, de 0,56 points sur l’échelle de développement psychomoteur, et de 0,99 points à l’échelle d’évaluation du com­portement, et le risque d’hospitalisation entre la sortie de néonatalogie et l’âge de 30 mois baissait de 5%.

 

Breastfeeding and child cognitive development. New evidence from a large randomized trial. Kramer MS et al. Arch Gen Psychiatry 2008 ; 65(5) : 578-584.
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Pour cette étude, 13 889 enfants inclus dans l’étude PROBIT ont été suivis jusqu’à 6,5 ans. Dans le groupe expérimental, dans lequel la prévalence de l’allaitement ex­clusif et la durée de l’allaitement étaient nettement plus importan­tes, on constatait des scores signi­ficativement plus élevés aux échelles d’évaluation du dévelop­pement verbal, aux tests d’écriture et de lecture, et un QI plus élevé. Leurs résultats scolaires étaient significativement meilleurs.

 

 

L’allaitement présente des avantages pour la santé maternelle

Duration of breast-feeding and the incidence of type 2 diabetes mellitus in the Shangai Women’s Health Study. Villegas R et al. Diabetologia 2008 ; 51 : 258-66.

Après ajustement pour toutes les autres variables confondantes, le risque de diabète de type 2 était plus bas chez les femmes qui avaient allaité (RR : 0,81). L’impact de l’allaitement était dose-dépendant : par rapport à l’absence totale d’allaitement, il était de 0,88 pour une durée totale d’allaitement de > 0 à < 1 ans, de 0,89 pour une durée de 1 à < 2 ans, 0,88 pour une durée de 2 à < 3 ans, de 0,75 pour une durée de 3 à < 4 ans, et de 0,68 pour une du­rée > 4 ans.

 

 

Breast-feeding and maternal mental well-being among Bangla­deshi and Pakistani women in north-east England. Noor SZ, Rousham EK. Public Health Nutr 2008 ; 11 : 486-92.

L’allaitement est corrélé à un ni­veau significativement meilleur de bien-être mental chez la mère. Les mères qui allaitaient exclusive­ment faisaient état d’un niveau plus élevé de satisfaction concer­nant le déroulement de leur vie quotidienne ; ces femmes avaient également eu une grossesse plus heureuse, elles dormaient mieux, et elles étaient plus nombreuses à trouver que tout allait bien dans leur vie que les femmes qui n’allaitaient pas ou qui allaitaient partiellement.

 

 

Epidemiology of basal-like breast cancer. Millikan RC et al. Breast Cancer Res Treat 2008 ; 109(1) : 123-39.

Les facteurs de risque pour diffé­rents types de cancer du sein ont été recherchés dans le cadre de la Carolina Breast Cancer Study, une étude cas-témoin de population. La durée totale de l’allaitement, le nombre d’enfants allaités et le nombre de mois d’allaitement par enfant étaient négativement corrélés au risque de cancer du sein de type basal-like, mais pas au risque de cancer de type lumi­nal A. Chez les femmes afro-amé­ricaines, les auteurs estimaient que jusqu’à 68% des cas de cancers du sein basal-like pourraient être pré­venus grâce à la promotion de l’allaitement et à la réduction de l’adiposité abdominale.

 

 

Breast feeding, but not use of oral contraceptives, is associated with a reduced risk of rheumatoid ar­thritis. M Pikwer et al. Ann Rheum Dis, online 13 May 2008.

Le risque de polyarthrite rhumatoïde était inversement corrélé à la durée de l’allaitement : chez les femmes qui n’avaient jamais al­laité, il était 2,17 fois plus élevé que chez les femmes qui avaient al­laité pendant plus de 13 mois, et 1,35 fois plus élevé que chez celles qui avaient allaité pendant 1 à 12 mois.

 

 

L’allaitement abaisse le risque de nombreux pro­blèmes de santé

Assessing the population impact of low rates of breast feeding on asthma, coeliac disease and obe­sity : the use of a new statistical method. Akobeng AK, Heller RF. Arch Dis Child 2007 ; 92 : 483-5.

Les auteurs ont compilé des don­nées sur la prévalence de l’allaitement en Grande-Bretagne, sur la prévalence de l’asthme, de la maladie cœliaque, et de l’obésité, et sur l’impact de l’alimentation infantile sur le ris­que de ces pathologies. Ils esti­maient que respectivement 3759, 9475, 12 104 et 16 753 cas d’asthme pourraient être évités si la prévalence de l’allaitement à 3 mois était de 40%, 54%, 60% et 70%. Ces chiffres étaient respecti­vement de 284, 652, 833 et 1175 cas pour la maladie cœliaque, et de 1712, 4229, 5353 et 7291 cas pour l’obésité.

 

The influence of infant feeding methods on the body weight of pre-school children. Łoś-Ry­charska E et al. Pol Merkur Le­karski 2007 ; 22(130) : 263-8.

Par rapport aux enfants qui avaient été exclusivement nourris avec un lait industriel, les enfants qui avaient été allaités pendant au moins 6 mois avaient une prise de poids plus basse pendant la petite enfance, et ils étaient moins nom­breux à présenter un surpoids ou une obésité. L’impact du non-al­laitement sur le risque de surpoids était plus évident chez les enfants nés à ≥ 3500 g, et chez les filles.

 

 


Full breastfeeding and paediatric cancer. Ortega-García JA et al. J Paediatr Child Health 2008 ; 44(1-2) : 10-3.

Le risque de divers cancers pédia­triques a été recherché. La préva­lence du non-allaitement était 1,8 fois plus fréquente dans le groupe cas. Le risque de cancer pédiatri­que était 2 fois plus bas chez les enfants qui avaient été totalement allaités pendant au moins 2 mois.

 

 


Le lait humain : un médi­cament potentiel ?

Putative stem cells in human breastmilk. MD Cregan et al. Breastfeed Med 2008 ; 3(1) : 65.

Les auteurs ont cultivé des cellu­les obtenues à partir d’échantillons de lait humain, et ils ont identifié des cellules possé­dant toutes les caractéristiques des cellules souches de diverses li­gnées. Le lait humain est un im­portant produit bioactif, et il pour­rait être une source simple et non invasive de cellules souches.

Apoptosis and tumor cell death in response to HAMLET (human alpha-lactalbumin made lethal to tumor cells). Hallgren O et al. Adv Exp Med Biol 2008 ; 606 : 217-40.

 

La HAMLET (alpha-lactalbumine humaine rendue létale pour les cellules cancéreuses) est une pro­téine dérivée du lait humain qui détruit sélectivement les cellules cancéreuses en activant leur apoptose par divers mécanismes. Son innocuité et son efficacité en font une molécule prometteuse dans la lutte contre le cancer.

Mise à jour le Samedi, 26 Juillet 2008 23:41