Premiers jours

 
 

 

Pour bien démarrer votre allaitement


La première tétée précoce


Dans l'idéal, la première tétée a lieu le plus tôt possible après la naissance.

La mère et son bébé sont souvent prêts à commencer l'allaitement peu de temps après la naissance. Si le bébé est né à terme et si aucun problème ne nécessite une intervention immédiate, la mère peut garder son bébé sur elle. On peut mesurer, peser, habiller le bébé plus tard.

Le bébé est capable de ramper et de trouver le sein tout seul... certains bébés vont téter tout de suite, d'autres vont explorer le mamelon et prendre leur temps. C'est un instant unique et émouvant !
Le contact précoce entre le nouveau-né et sa mère présente bien des avantages. Il facilite le démarrage de l'allaitement en utilisant au mieux les compétences et les réflexes du nouveau-né ; il permet aussi au bébé de se réchauffer, il améliore son bien-être, il favorise l'attachement parents-enfants.

 

Si la première tétée est différée

Certaines maternités ont un protocole qui ne permet pas une première tétée précoce : les premiers soins (aspiration, toilette, pesée et mesures, collyre ...) sont donnés au bébé dans les minutes qui suivent la naissance. Certaines maternités prévoient également la mise en couveuse systématique après la naissance, d'autres le don d'eau sucrée avant la première mise au sein...
La première tétée aura lieu après les soins, le plus souvent dans un intervalle d'une dizaine de mn à 2 heures.

Il arrive aussi que ni la première tétée ni un contact précoce et prolongé ne puissent être proposés à la maman. Bébé prématuré, bébé malade, bébé ayant besoin de soins immédiats... certaines situations rendent impossible une mise au sein dès la naissance : le plus important est de prendre soin du bébé, la première tétée aura lieu plus tard.
Des débuts difficiles ne remettront pas en cause l'allaitement. Garder souvent le bébé contre soi (contacts "peau à peau"), lui proposer le sein quand il n'est pas trop affamé et lui laisser le temps d'apprivoiser le sein sans stress sont autant de gestes simples qui suffisent en général pour que le bébé acquière une bonne technique de succion avant la montée de lait.
(voir plus bas "circonstances particulières")

 

(A priori) pas besoin de compléments !


Un bébé né à terme et en bonne santé n'a besoin que du lait de sa maman !

Le colostrum est très précieux pour le bébé. Il est très riche en anti-corps, en sels minéraux, en protéines : le bébé reçoit exactement ce dont il a besoin.
Le colostrum est suffisant pour le nourrir : la quantité de colostrum fabriquée par la maman est adaptée au petit estomac de votre nouveau-né.
Le volume de son estomac va augmenter un peu chaque jour, la quantité de colostrum produite par la maman aussi ; cela se poursuivra après la montée de lait.

Vous avez choisi d’allaiter ? Les biberons de complément donnés en routine, dans certains services de maternité, aux bébés sans besoins particuliers perturbent le démarrage de l’allaitement : plus le bébé tète, plus sa mère aura de lait. A noter : la distribution gratuite de substituts du lait maternel est interdite en France.
Biberons et sucettes peuvent également perturber la succion de certains bébés.

 

Garder son bébé près de soi

Garder son bébé dans sa chambre permet à la nouvelle maman de comprendre plus rapidement les besoins du bébé et sa façon de les exprimer. Quand le bébé est tout à coté côté, cela permet à la mère de mieux se reposer en répondant facilement à ses besoins. Le berceau peut être placé contre le grand lit, la maman peut garder son bébé sur elle ou contre elle.

Si vous avez envie de garder votre bébé près de vous, n'hésitez pas ! Cette proximité vous aidera pour allaiter à la demande du bébé, en repérant rapidement les petits signaux que votre bébé envoie pour manifester sa faim. Les pleurs sont les derniers signes du nouveau-né pour exprimer un besoin, et il est inutile d'attendre qu'un bébé pleure pour lui proposer à téter.
La proximité de la mère et de son enfant permet de satisfaire tous les besoins du bébé : de tétées, de contact, de sécurité, de chaleur, de mouvement...

 

Et la nuit ?

Le bébé humain est un petit animal nocturne : les tétées sont plus nombreuses la nuit !
Certains bébés sont plus efficaces au sein la nuit, peut-être parce que l'environnement est plus calme, ou parce que leur mère à plus de lait.

Le sommeil de la nouvelle maman est adapté aux rythmes de son bébé, particulièrement quand la mère allaite. Garder son bébé près de soi la nuit permet de répondre plus facilement aux besoins nocturnes du bébé.
La majorité des mères ont besoin de dormir la journée, comme leur bébé.

 

Durée et fréquence des tétées

Dès la naissance, l’allaitement ne doit pas être limité : ni intervalle entre deux tétées, ni chronométrage de la tétée.

La plupart des nouveaux-nés ont besoin de 8 à 12 tétées par 24h, certains bébés vont téter bien plus souvent.
Ces tétées sont le plus souvent assez inégalement réparties sur 24 h, et un « groupage de tétées » est normal : le bébé va téter plusieurs fois sur une période de 2 à 5 heures (le plus souvent dans la soirée).
Avoir un bébé qui tète souvent présente beaucoup d'avantages : beaucoup de lait pour la maman, une sensibilité des mamelons moindre les premiers jours, moins d'engorgement, moins de risque pour le nouveau né d'avoir un ictère (jaunisse) .

Il est conseillé de laisser le bébé "finir" le premier sein c'est-à-dire lâcher le sein de lui-même ou somnoler (cela prend un temps variable selon les bébés, en moyenne un quart d'heure) avant de lui offrir le deuxième. Il peut ainsi obtenir plus de "lait de fin de tétée", particulièrement gras et nourrissant. A la tétée suivante, on donne alors le deuxième sein en premier.

 

Une bonne position

La mère et le bébé doivent être correctement installés.
Le corps du bébé, et pas seulement sa tête, est complètement tourné vers sa mère « ventre contre ventre » (et non pas "ventre face au plafond", comme quand on donne un biberon).
Pour bien mettre le bébé au sein, il faut attendre qu’il ouvre grand la bouche comme s'il baillait. Quand sa bouche est grande ouverte, et seulement à ce moment-là, on peut l'approcher rapidement vers le sein.
En tétant, le bébé prend une bonne partie de l’aréole, pas seulement le mamelon, dans la bouche. Son nez et son menton touchent le sein.

  

Difficultés du début

 

Engorgement

Une augmentation du volume et une tension des seins, accompagnée d’une sensation de chaleur (éventuellement d’une légère fièvre) peut survenir dans les jours qui suivent la naissance.

Les tétées fréquentes sont une excellente prévention de l’engorgement.

Il peut être nécessaire d’assouplir l’aréole (la partie sombre qui entoure le mamelon), éventuellement de tirer son lait pour faciliter la prise du sein par le bébé.

Applications froides entre les tétées ou douches chaudes juste avant la tétée, pour favoriser l'écoulement du lait, peuvent soulager la maman, mais rien ne vaut une tétée efficace !

 

Crevasses

Les crevasses sont le signe d’une mauvaise position du bébé au sein, d’une mauvaise technique de mise au sein, ou plus rarement, d’un problème de succion.La localisation de la crevasse et le moment de son apparition (1èr jour ou plus tard) donnent des indications sur la cause

Dès l’apparition des douleurs ou des crevasses, le mieux est de revoir sans attendre la mise au sein et le positionnement du bébé :

- parce que certaines positions et une meilleure mise au sein apportent un soulagement immédiat, même s’il faut plusieurs jours aux crevasses pour cicatriser.

- pour aider le bébé à apprendre une "bonne façon de téter".

Vous pouvez appliquer sur vos mamelons du lait gras de fin de tétée ou une pommade spécifique (par exemple à base de lanoline modifiée).

Les «bouts de sein» sont une solution de dernier recours ;ils doivent être utilisés sur une courte période..

 

L’ictère (jaunisse)

L'ictère physiologique est fréquent chez le nouveau né.

Une première mise au sein rapide et des tétées fréquentes sont une bonne prévention de l’ictère physiologique : le colostrum a un effet laxatif, ce qui favorise l'élimination de la bilirubine (c'est sa présence qui est à l'origine de l'ictère).

Un bébé qui ne tète pas bien les premiers jours risque d'avantage d'avoir une jaunisse. Si les tétées sont trop espacées, la succion du bébé peu efficace, la position inadéquate, si on donne des compléments d'eau sucrée au bébé... l'ictère peut être plus important.

Une évaluation de la pratique d'allaitement permettra de remédier rapidement au problème.

L'ictère pathologique, qui survient le plus souvent en cas d'incompatibilité sanguine entre le mère et son bébé, peut nécessiter un traitement, par exemple le don de complément (ce peut être du lait maternel éventuellement chauffé ) ou une photothérapie (traitement de l'ictère pas l'exposition du bébé à la lumière).

 

Le bébé somnolent

Si un bébé est somnolent ou ne intéresse pas au sein les premiers jours, il est utile de le stimuler pour qu'il tète au moins 8 fois par 24h. Des tétées fréquentes préviennent les difficultés du début comme l'ictère, l'engorgement, une perte de poids trop importante chez le bébé.

La chaleur fait dormir les nouveaux-nés : découvrir le bébé est souvent la première chose à faire. Les bébés tètent mieux quand ils n'ont pas trop chaud, et le contact peau à peau avec leur maman les stimule davantage.

Parler au bébé, le caresser, le changer, le changer de position... pourront l'encourager à téter.

Connaître les signaux subtils émis par le bébé quand il est prêt à téter permettra souvent de mettre le bébé au sein avec succès. Mouvements rapides des yeux, mouvements des lèvres, bruits de succion... indiquent que le bébé est en sommeil léger : c'est le bon moment pour lui proposer à téter.

 

Le bébé qui pleure

A-t-il encore besoin de téter ?
A-t-il besoin d'avoir plusieurs tétées rapprochées (souvent le soir) ?
A-t-il besoin d'être rassuré ?
A-t-il besoin d'être entouré des bras de sa maman ?

Un nouveau-né peut pleurer pour exprimer un n'importe lequel de ses besoins, pas seulement la faim ! Quand un bébé pleure, ce n'est pas forcément l'allaitement qui est en cause...

C'est souvent bouleversant pour les parents, et maman ou papa tentent de réconforter leur bébé comme ils peuvent : promenade, câlin, bercement, chanson...chaque parent trouvera petit à petit les gestes qui apaisent son enfant. Il est plus important d'agir pour consoler le bébé que de chercher pourquoi il pleure.

  

Circonstances particulières

 

Jumeaux et +


La capacité des mères à nourrir et à materner 2 ou 3 bébés est souvent mise en doute dans notre société. L’expérience des mères démontre qu’il est possible d’allaiter des jumeaux et même des triplés. Il est possible de les allaiter exclusivement, il est possible de les allaiter longtemps !

Les jumeaux sont souvent plus petits à la naissance, les avantages du lait maternel pour la santé peuvent être particulièrement importants.

Dans l'immense majorité des cas, les compléments ne sont pas nécessaires : la succion de deux bébés va entraîner la fabrication de lait pour deux...

 

Césarienne

L’allaitement, après une césarienne, est un allaitement «normal» !

La mise au sein peut être retardée et l'allaitement démarra peut-être plus lentement, mais cela dépend beaucoup des pratiques d’accompagnement à l’allaitement dans votre maternité.

Dès la naissance, et en attendant que la maman soit disponible, le bébé peut être confié au papa pour un premier contact peau à peau : cela permettra au bébé de se réchauffer et de s'adapter en douceur à la vie extra-utérine.

Certaines positions d'allaitement rendent les tétées plus confortables. Les traitements analgésiques (anti-douleurs) après une césarienne sont compatibles avec l’allaitement.

Il est utile de prévoir de l'aide pour changer les couches du bébé ou le promener s'il a besoin d'être bercé; la maman est irremplaçable pour les tétées mais peut être soutenue pour toutes les autres tâches !

 

Bébé prématuré

Le lait maternel est le lait le plus adapté pour les bébés nés trop tôt, y compris pour les bébés de très petit poids de naissance. Les avantages du lait maternel et de l’allaitement en cas de naissance prématurée sont très nombreux ; le lait des mamans qui accouchent prématurément à a une composition spécifique, il va aider à protéger le bébé des risques infectieux, favoriser un développement optimum.

Les seins sont prêts à donner du lait dès le milieu de la grossesse. Donner son lait aide la maman du prématuré à faire face au stress de la situation… c’est un lien précieux, qui aide à mieux vivre la séparation. Les mères séparées de leur bébé doivent commencer à tirer leur lait le plus tôt possible après la naissance. Il est nécessaire de tirer son lait plusieurs fois par jour, et de continuer quelques minutes après que le lait ait cessé de couler. Cette stimulation aidera le bébé : en lui donnant le lait que sa maman fabrique spécialement pour lui, en stimulant la production de lait pour faciliter les premières tétées.

Le choix du mode d'alimentation est fonction de l'état de santé du bébé et de son degré de prématurité. Dans les cas où le bébé est au début essentiellement nourri par gavage, les contacts peau à peau et les premières mises au sein, même non nutritives, vont préparer l'apprentissage de la succion au sein. La première tétée a parfois lieu bien après la naissance mais beaucoup de mamans témoignent que la transition vers l'allaitement exclusif au sein peut se faire tout en douceur en fonction des capacités propres à chaque bébé.

 

Bébé malade ou présentant un handicap

L’allaitement est particulièrement précieux pour le bébé malade : le lait maternel, aliment complet, digeste et riche en anticorps aide le bébé à affronter la maladie ; l’allaitement, grâce aux contacts rassurants et la proximité maman-bébé pendant la tétée, réconforte le bébé..

Si votre bébé souffre d’un handicap, l’allaitement peut prendre une dimension particulière : en vous aidant à materner votre bébé « spécial », en optimisant son état de santé et en lui permettant de développer au mieux ses potentialités. N'hésitez pas à rechercher informations et soutien : suivant le handicap de votre bébé, l'allaitement peut représenter un défi mais aussi se révéler une expérience extrêmement gratifiante.

 

Si la maman est malade ou atteinte d'un handicap

Les avantages pratiques de l'allaitement acquièrent souvent une dimension particulière quand la maman est atteinte d'un handicap : l'allaitement facilite la vie de la mère mal voyante, qui à une mobilité réduite, à celle qui se remet de maladie ou de blessure...L'allaitement est parfois le seul acte que la maman peut accomplir seule pour son bébé !

Les mères atteintes de maladies chroniques tirent également des avantages à allaiter leur bébé. Les études montrent que, le plus souvent, l'allaitement n'aggrave pas la maladie de la mère, au contraire et que la plupart des mères n'ont pas de difficultés particulières pour avoir du lait et pour allaiter. En cas de diabète la montée de lait peut être retardée, surtout si le diabète est mal équilibré.

La très grande majorité des traitements peuvent être poursuivis : il existe très peu de médicaments vraiment incompatibles avec l'allaitement.

  


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