Allaiter Aujourd'hui
n°34
Les bébés allaités aussi peuvent avoir des coliques... |
Devant un bébé qui pleure souvent, longtemps (1), parfois de façon inconsolable, mais qui par ailleurs est en bonne santé, le diagnostic est souvent : coliques du nourrisson.
Cela étonne certaines mères, qui ne pensaient pas que les bébés allaités puissent eux aussi avoir des coliques.
En effet, parmi les causes possibles des coliques, la plus souvent évoquée est la cause alimentaire, et il est sûr que l'allaitement évite bien des problèmes intestinaux. Néanmoins, le bébé peut réagir à ce que mange la mère, dont certains composants passent en partie dans le lait (notamment les protéines de lait de vache). C'est pourquoi on conseille parfois de réduire les produits laitiers (2), voire les choux et oignons (3).
Bien que les bébés allaités avalent généralement moins d'air que les bébés au biberon, cela peut néanmoins arriver si la mère a un réflexe d'éjection très fort (4) ou si le bébé n'a pas une bonne coordination succion/déglutition/respiration.
Autre cause possible liée à l'allaitement : un changement trop fréquent et rapide de sein au cours d'une même tétée, qui fait que le bébé absorbe trop de lait "de début de tétée" particulièrement riche en lactose, parfois mal toléré par certains bébés.
D'autres théories sur les coliques (il n'en manque pas !) concernent autant les bébés allaités que les autres.
Pour certains, elles seraient la manifestation de l'imma-turité du système nerveux dans les premiers mois. Il faut en effet bien se rendre compte que le petit d'homme naît quasiment "prématuré", si on le compare à beaucoup d'autres mammifères (qu'on pense au poulain ou au veau, qui sont debout et marchent quelques heures après leur naissance). Le bébé naît à un moment où la maturation de son cerveau, de son système nerveux en général, de son système digestif, de son système immunitaire, etc., est loin d'être terminée. D'où, peut-être, ces "douleurs de croissance" que seraient les coliques (5).
D'autres mettent en cause des changements hormonaux chez la mère au cours des trois premiers mois, qui pourraient causer des spasmes intestinaux chez l'enfant ; une maladie du bébé, ou un problème respiratoire l'empêchant de réguler correctement son sommeil et son oxygénation ; un sommeil perturbé où les phases de sommeil léger et de sommeil profond ne sont pas bien organisées au cours des trois premiers mois.
Si les études ne sont pas toutes d'accord sur les causes, elles s'accordent par contre à dire qu'il est non seulement cruel et dangereux (6), mais aussi contre-productif de "laisser pleurer" le bébé : globalement plus on répond aux pleurs des bébés, plus on les porte, plus on les console, moins ils pleurent (7).
A plus long terme, on a montré que les mères qui décident très tôt que leur bébé est difficile, se retiennent davantage quand il s'agit de répondre à ses pleurs, et ont moins tendance à avoir des "conversations" avec lui (Shaw, 1977). Or ces vocalisations réciproques sont très importantes pour le développement du langage, et si un parent évite son bébé qui pleure, celui-ci aura lui aussi tendance à couper la communication.
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