• AA n° 62 - Le
point sur... sport et allaitement (version imprimable
du texte ci-dessous) - sommaire
du n°
Allaitement
et sport
Exercice physique, sécrétion
lactée et croissance de l'enfant
Une seule étude a évalué à long
terme l'impact de l'exercice physique chez des femmes
allaitantes (Dewey et al, 1994). Entre 6 et 8 semaines,
des femmes ont été réparties par tirage
au sort en deux groupes, un groupe témoin et un
groupe pratiquant régulièrement un exercice
physique modéré, et ce pendant douze semaines.
Il n'y avait aucune différence entre les deux groupes
pour ce qui était de la composition du lait ou de
la croissance de l'enfant.
Plusieurs études ont évalué l'impact à court
terme de l'exercice physique (variation dans la composition
du lait avant et après une séance d'exercice).
L’une d’elles, largement diffusée dans
les médias, avait cru constater que l'enfant consommait
moins de lait pendant une tétée qui suivait
une séance d'exercice, attribuant ce fait à l'acide
lactique présent dans le lait, et dont l'enfant n'aurait
pas aimé le goût. D’autres études
(2) ont montré que si le taux lacté d'acide
lactique est effectivement plus élevé après
un exercice intense (en moyenne 0,09 mmol/l avant contre
0,21 mmol/l après), ce n'est pas le cas après
un exercice modéré. Et elles n'ont constaté aucun
impact sur la prise du sein par l'enfant ou la quantité de
lait, que l’exercice ait été modéré ou
intense. Une autre étude encore (3) n’a trouvé aucun
impact de l’exercice physique même intense sur
le taux lacté des principaux minéraux (phosphore,
magnésium, sodium et potassium).
Une étude a évalué l'impact
d'un exercice intense sur les facteurs immunologiques du
lait maternel. Les auteurs ont enregistré un taux
plus bas d'IgA 30 minutes après la fin de l'exercice,
le taux étant revenu à la normale 60 minutes
après la fin de l'exercice. Cette étude était
cependant entachée de nombreux biais méthodologiques.
Et même si le résultat obtenu était confirmé par
d'autres études, cet impact sur le taux d'IgA était
ponctuel. Une autre étude (4) a montré qu’un
exercice physique modéré et régulier
n’avait pas le moindre impact sur le taux lacté d’IgA,
de lactoferrine ou de lysozyme.
Exercice, état cardio-vasculaire,
métabolisme et équilibre psychologique
La pratique régulière
d'un exercice physique modéré par une mère
allaitante améliore nettement son état
cardio-vasculaire, ainsi que d'autres paramètres métaboliques
: élévation du HDL, meilleurs résultats
au test d'hyperglycémie provoquée.
Une étude dont le but était
d’évaluer le vécu de femmes allaitantes
pratiquant un exercice physique régulier (5) a montré qu’elles
se sentaient mieux dans leur corps, pleines d’énergie,
plus calmes, détendues et positives, et que cela facilitait
leur maternage.
Exercice, régime et poids
On considère dans l'ensemble
qu'il est préférable de ne pas perdre plus
de 2 à 3 kg par mois pendant l'allaitement (voir le
point sur régime et allaitement dans AA n° 55,
page 7), et que la combinaison régime + exercice physique
est préférable au seul régime. L'exercice
physique permet en effet de conserver la masse musculaire
(la perte de poids se fait uniquement aux dépens de
la masse grasse), d'augmenter le niveau du métabolisme,
et de favoriser la mobilisation des graisses.
En conclusion
Environ 7 % de mères qui allaitent
font état de difficultés d’allaitement
après un exercice physique intense (difficultés,
ajoutons-le, tout ce qu’il y a de temporaire :
uniquement à la première tétée
après la séance d’exercice), sans qu’on
sache exactement pourquoi (on ne trouve pas toujours d’augmentation
du taux lacté d’acide lactique). Mais il est
sûr qu’un exercice modéré et
régulier n’a que des avantages et aucun
inconvénient, toutes les études le montrent.
Alors pourquoi s’en priver ? |