Ensoleillement insuffisant, « vitamine D » et allaitement
Sunlight deficiency, « vitamin D », and breastfeeding. La Leche League
International. 17/04/2003.
Les enfants nés à terme et exclusivement allaités de la naissance à 6
mois ne risquent pas de souffrir de rachitisme s’ils sont régulièrement
exposés à la lumière du soleil. Le rachitisme survient en raison d’une
exposition insuffisante à la lumière du soleil, et non parce que le lait
humain est carencé en vitamine D.
La « vitamine D » est une hormone stéroïde, définie par erreur comme
étant une vitamine en 1922. Elle est produite par notre organisme sous
l’action des ultraviolets B (UVB) de la lumière solaire. Le rachitisme
est une pathologie infantile qui altère la fabrication des os, provoquée
par une exposition insuffisante à la lumière du soleil.
Très peu d’aliments contiennent naturellement des taux significatifs de
vitamine D. Le moyen normal pour l’espèce humaine, y compris les jeunes
enfants, d’obtenir la vitamine D dont elle a besoin, est l’exposition à
la lumière du soleil. Notre peau a une capacité très importante de
fabrication de la vitamine D, et cette dernière peut être fabriquée en
quantité suffisante même si seulement une partie de notre corps est
exposée au rayonnement solaire, et bien avant que nous ayons un coup de
soleil. D’après l’OMS et l’UNICEF, une exposition modérée aux UVB est
bénéfique pour tout le monde ; elle est essentielle pour la fabrication
de la vitamine D par notre corps. Toutefois, une exposition excessive
peut induire des brûlures et augmente le risque de cancer du sein.
Un récent rapport de l’Académie Américaine de Pédiatrie (AAP) soulève le
risque d’exposition insuffisante à la lumière du soleil et de rachitisme
en rapport avec l’allaitement. L’AAP recommande que tous les enfants
reçoivent au moins 200 UI/jour de vitamine D, et ce dès les 2 premiers
mois de vie.
Les facteurs de risque pour une carence en vitamine D et le rachitisme
chez les enfants sont un taux bas de vitamine D chez la mère, le fait
que l’enfant reste en permanence à l’intérieur, le fait de vivre à des
latitudes élevée, de vivre dans une zone urbaine constituée de grands
immeubles et dont l’atmosphère est polluée, le fait d’avoir une peau
sombre, d’utiliser régulièrement une crème solaire ou d’avoir tout le
corps recouvert ou presque par les vêtements, ainsi que les variations
saisonnières du taux d’UVB.
« Aucun risque d’hypervitaminose n’a été constaté avec les taux
recommandés par l’AAP. Toutefois, aucune étude n’a jamais été effectuée
sur l’impact éventuellement négatif d’une supplémentation systématique
en vitamine D pendant les 6 premiers mois, comme des vomissements ou des
fausses routes si l’enfant ne tolère pas la vitamine D, des altérations
de la muqueuse digestive, ou un risque accru d’infection », dit C Good
Mojab, Assistante de recherche au Département des Publications de LLLI
et consultante en lactation. Les parents pourront donc souhaiter
discuter avec leur médecin du risque éventuel de carence en vitamine D
chez leur enfant, et décider ensuite si une supplémentation en cette
hormone est souhaitable. |