Actualité de l'allaitement et de l'association LLL France

Toutes les réunions des groupes LLL : informations disponibles au 01/04/2008 - format *pdf

News

 

Quelques brèves extraites du dernier numéro de notre magazine, Allaiter aujourd'hui (numéro 75):

 

Caries et allaitement

Malgré toutes les études épidémiologiques, il traîne encore l’idée que l’allaitement prolongé (en particulier les tétées nocturnes) pourrait être responsable de caries chez les enfants.
Des données sur la santé dentaire et l’alimentation infantile de plus de 1 500 enfants américains âgés de 2 à 5 ans, extraites de l’enquête National Health and Nutrition Examination Survey 1999-2002, n’ont montré aucun lien entre la durée de l’allaitement et l’apparition de caries précoces. Qu’on se le dise !

Iida H et al, Association between infant breastfeeding and early childhood caries in the United States, Pediatrics 2007 ; 120(4) : e944-52.

 

Tétée analgésique

Dans une brochure publiée par l’association Sparadrap, Soins et examens douloureux : comment aider votre bébé ?, on trouve dans « les moyens à votre disposition » : « pour aider les plus petits : donner une tétée pendant certains soins ou examens limite réellement la douleur du nourrisson ».
Bravo ! Mais pourquoi le limiter aux plus petits ? Cela ne marcherait-il plus après 3 mois ?

A commander sur sparadrap.org ou par courrier (48, rue de la Plaine, 75020 Paris), 4 € l’unité.
Pour en savoir plus sur la tétée analgésique, on peut lire l’article paru dans Spirale n° 42, « Au sein, même pas mal ! » (http://www.cairn.info/revue-spirale-2007-2-p-141.htm).

 

Des ingrédients dangereux ?

Depuis que des recherches ont montré le rôle des acides gras du lait maternel (DHA et ARA) dans le développement cérébral, de nombreux fabricants de laits infantiles en ont ajouté dans leurs produits.
Plusieurs études ont par la suite montré que ces ajouts ne semblaient pas avoir d’effet notable sur le développement des enfants.
Plus grave, un récent rapport du Cornucopia Institute, un groupe de vigilance américain, révèle qu’en plus d’être inutiles, ces ajouts sont potentiellement dangereux.
Quatre-vingt-dix-huit rapports remplis par des parents et des professionnels de santé parlent de vomissements, de diarrhées (qui s’arrêtent quand on donne aux bébés des laits sans acides gras ajoutés), voire de bébés traités en soins intensifs pour des déshydratations aiguës et des convulsions. Certaines études ont même évoqué des décès inexpliqués d’enfants nourris avec ces laits « enrichis ».
Si enrichissement il y a, il concerne surtout les caisses des industriels. Market Biosciences Corporation, la société qui fournit pratiquement tous les fabricants de laits en DHA/ARA, le dit d’ailleurs clairement : « Les laits infantiles sont tous pratiquement identiques, aussi les publicitaires doivent-ils rivaliser pour faire sortir leur produit du lot. Même si les DHA/ARA n’apportent aucun bénéfice, nous pensons qu’ils devraient être largement incorporés aux laits infantiles en tant qu’outil de marketing permettant aux compagnies de promouvoir leur produit comme ‘le plus proche du lait maternel’. »
A savoir : Market Biosciences Corporation extrait ses DHA et ARA d’algues et de champignons fermentés, et utilise de l’hexane (une neurotoxine) dans le processus de fabrication…

Pour lire le rapport complet (en anglais) : http://cornucopia.org/index.php/replacing-mother-infant-formula-report/

 

Une aide à la lactation ?

On connaît le rôle que peuvent jouer certaines plantes (comme le fenugrec) et certains produits (comme le Motilium) pour stimuler une lactation insuffisante, voire aider à induire une lactation à partir de zéro.
Une nouvelle étude semble indiquer que l’administration de prolactine pourrait aussi avoir cet effet.
Une équipe de l’école de médecine de Harvard a recruté 21 femmes en bonne santé qui avaient des cycles menstruels réguliers et ne venaient pas d’accoucher. Elle les a réparties en deux groupes, le premier recevant tous les jours une injection de prolactine synthétique et le second un placebo. Au bout d’une semaine, 5 des 9 femmes qui avaient reçu la prolactine pouvaient sécréter du lait.
Selon les auteurs, ce résultat pourrait intéresser les femmes souffrant d’une déficience en prolactine, et celles qui souhaitent induire une lactation pour allaiter un bébé adopté.

Page-Wilson G et al, Short-term prolactine administration causes expressible galactorrhea but does not affect bone turnover : pilot data for a new lactation agent, International Breastfeeding Journal 2007, 2 : 10.

 



Fruits et légumes   Les themes de la JIa du 14 mars 2008

Le 14 mars dernier, 500 professionnels de santé se sont retrouvés à la
 7e Journée internationale de l’allaitement

organisée par La Leche League France, sous le haut patronage du ministère de la Santé et de l’INPES.

Des spécialistes du monde entier sont venus partager leurs connaissances sur :
- les qualités de protection du lait humain, qui en font bien plus qu’un simple aliment (Stephen Buescher, Etats-Unis)
- les bienfaits de la méthode kangourou pour les prématurés (Nathalie Charpak, Colombie)
- le bon sens d’une diversification alimentaire sans angoisse (Carlos González, Espagne)
- les conséquences d’un frein de langue trop court sur l’allaitement (Elizabeth Coryllos, Etats-Unis)
- les programmes de soutien à l’allaitement dans les milieux défavorisés (Sarah Gill, Grande-Bretagne, Gisèle Laviolle et Danièle Bruguières, France)
- la vie de couple avec un bébé allaité (Ros Escott, Australie)

Les actes de la Journée sont publiés dans un numéro hors-série des Dossiers de l’allaitement.



 

Un bon moyen de faire en sorte que son enfant apprécie les fruits et les légumes, c’est d’en manger soi-même et de l’allaiter. Car, on le sait, le lait maternel prend le goût de ce que mange la mère et habitue donc le bébé à ces différentes saveurs.
Une nouvelle étude vient de le confirmer.
Deux chercheuses américaines ont recruté 45 bébés âgés de 4 à 8 mois, dont la moitié avaient été allaités et dont aucun n’était encore diversifié. Elles leur ont fait goûter pendant huit jours des haricots verts puis des pêches.
Résultat : ce sont les bébés allaités qui ont le plus apprécié les haricots et les pêches, et ce d’autant plus si leur mère mangeait elle-même beaucoup de fruits.

Catherine A Forestell et Julie A Mennella, Early determinants of fruit and vegetable acceptance, Pediatrics 2007 ; 120 : 1247-54.