Publié dans le n° 213 des Dossiers de l'allaitement, avril 2025.
D'après : Breastfeeding in women with hormone receptor-positive breast cancer who conceived after temporary interruption of endocrine therapy : results from the POSITIVE trial. Azim HA et al. Abstract 1814O. ESMO Congress, 13-17 september 2024.
L’étude POSITIVE a constaté l’absence de risques à court terme de récidive de cancer du sein chez des femmes traitées par hormonothérapie, et qui avaient temporairement suspendu ce traitement après 18 à 30 mois pour devenir enceintes. Toutefois, aucune donnée concernant l’allaitement n’a été collectée chez des femmes vivant cette situation. L’objectif de cette étude était de déterminer l’impact de l’allaitement dans ce cadre.
L’allaitement faisait partie des points documentés par l’étude POSITIVE. Les auteurs ont donc réuni les données sur le taux d’allaitement chez les femmes incluses, les pratiques d’allaitement, la durée de l’allaitement et si les femmes avaient allaité à partir des deux seins. On a noté l’incidence cumulée des récidives du cancer du sein en fonction de l’allaitement, et calculé l’intervalle libre entre la date de la première naissance après le traitement du cancer du sein et la découverte d’une récidive invasive locale, controlatérale, régionale ou à distance du cancer du sein. Pendant la durée moyenne du suivi de 41 mois, 317 femmes ont accouché, et 196 d’entre elles (62 %) ont allaité au total 232 nourrissons. Ces mères ont allaité à partir du sein non touché par le cancer, mais 38 mères (12 %) ont également allaité avec le sein touché. La prévalence de l’allaitement était plus élevée chez les femmes de > 35 ans, qui étaient primipares, et qui avaient bénéficié d’une chirurgie mammaire conservatrice. 52,6 % de ces mères ont allaité pendant > 4 mois (4,4 mois en moyenne). L’allaitement n’a pas eu d’impact significatif sur le risque de récidive de cancer, survenu chez 9 femmes, 3 étant des récidives locales. 2 ans après la première naissance vivante après l’arrêt de l’hormonothérapie, l’incidence cumulée des récidives de cancer du sein était de 3,6 % chez les femmes qui avaient allaité et de 3,1 % dans le groupe qui n’avait pas allaité.
Dans cette étude, près des 2/3 des femmes qui avaient arrêté l’hormonothérapie d’un cancer du sein pour devenir enceintes ont allaité, sans que cela ait d’impact statistiquement significatif sur le risque de récidive de leur cancer. Toutefois, un suivi plus long est nécessaire. Quoi qu’il en soit, ces résultats suggèrent que l’allaitement n’augmente pas le risque de récidive du cancer du sein, et ces femmes peuvent allaiter si elles le souhaitent.







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