Publié dans le n° 143 d'Allaiter aujourd'hui, avril 2025.
Ce numéro contient de multiples témoignages sur ce sujet. Ils ne sont pas disponibles sur le site et les numéros d'Allaiter aujourd'hui s‘achètent dans la boutique LLL.
Illustration de Ken Tackett
Pourquoi tirer
On peut être amenée à tirer son lait avant même la naissance du bébé. C’est ce qu’on appelle l’expression anténatale de colostrum (EAC), qu’on recommande aujourd’hui pour un large éventail de raisons (1), ce colostrum pouvant être donné au nouveau-né à la place d’un lait industriel si, par exemple, la mère a une montée de lait retardée. Pour en connaître les indications et les modalités, allez consulter le dossier Exprimer du colostrum avant la naissance.
Ensuite, chaque fois qu’une mère est séparée de son bébé ou que les mises au sein ne sont pas possibles, quelles que soient les raisons et la durée de cette séparation (bébé prématuré, bébé hospitalisé, mère hospitalisée sans son enfant, absences occasionnelles, et bien sûr reprise du travail), elle peut souhaiter à juste titre qu’il continue à recevoir néanmoins la meilleure nourriture possible, à savoir son propre lait. Elle devra alors exprimer du lait qui lui sera donné pendant son absence. Cela permettra également d’éviter d’éventuels engorgements (en cas de longue absence) et, grâce à la stimulation procurée par le tire-lait ou l’extraction manuelle, d’entretenir la lactation.
On peut également être amenée à tirer son lait pour : stimuler une lactation quand la production lactée est insuffisante ; relacter si l’allaitement a été arrêté quelques jours, quelques semaines ; induire une lactation ; donner au lactarium.
Enfin, certaines mères ne pourront pas (souvent après un début d’allaitement chaotique) ou ne voudront pas (quelles que soient leurs raisons) donner le sein à leur bébé, tout en souhaitant qu’il se nourrisse de leur lait. Elles feront alors un tire-allaitement exclusif ou quasi exclusif et devront donc tirer du lait en conséquence.
Avec quoi tirer
À la main
Disons pour commencer qu’on peut tout à fait tirer son lait à la main, sans aucun ustensile particulier. C’est d’ailleurs quelque chose qui devrait être systématiquement enseigné aux mères dès la maternité.
La technique n’est pas si compliquée. Il s’agit de placer le pouce et l’index sur le sein, de chaque côté de l’aréole, de presser les doigts et le pouce vers la cage thoracique, de comprimer le sein en refermant les doigts et en les rassemblant légèrement vers l’aréole (sans les faire glisser sur la peau), et de relâcher la pression. On répète ces gestes de façon rythmée et régulière, en faisant tourner de temps en temps l’emplacement des doigts autour du mamelon (2).
Au tire-lait
La plupart des femmes qui tirent leur lait le font cependant avec un tire-lait.
Longtemps, les seuls tire-lait disponibles sur le marché ont été les modèles en verre en forme de klaxon muni d’une poire en caoutchouc, particulièrement peu efficaces, même si certaines mères en étaient satisfaites. Aujourd’hui, le nombre de modèles est beaucoup plus important et sans cesse en augmentation. Tire-lait manuel ou électrique ? De qualité hospitalière ou nomade ? Simple ou double pompage ? Achat ou location ? Choisir un tire-lait devient compliqué !
Le choix d’un modèle dépendra en fait des circonstances dans lesquelles on prévoit de l’utiliser et de la préférence de la mère bien sûr (voir l’article de Katia Roth ICI).
Par exemple, si l’allaitement est retardé ou suspendu pendant plusieurs semaines (cas d’un bébé né très prématurément), pour établir puis maintenir une lactation suffisante, un tire-lait électrique double pompage sera généralement le meilleur choix. Mais tous les tire-lait électriques ne se valent pas. Attention en particulier aux modèles anciens, dont la puissance ne peut pas être réglée ou de manière trop minimaliste, car ils sont susceptibles de causer des douleurs.
La plupart des marques de tire-lait offrent aujourd’hui la possibilité de tirer le lait des deux seins en même temps. La durée de l’opération est alors divisée par deux, et il a même été montré que l’on obtient plus de lait ainsi qu’en tirant un sein après l’autre.
Pour une utilisation ponctuelle ou pour emporter au travail, un tire-lait manuel, un mini-électrique ou un nomade peuvent convenir (sans oublier les recueils-lait, qui peuvent dépanner). L’offre de tire-lait s’est beaucoup diversifiée ces dernières années avec des modèles moins encombrants, pour une efficacité tout à fait honorable, même si le moteur est souvent moins puissant que sur les plus gros modèles.
Vérifiez si le tire-lait peut être utilisé sur secteur, éventuellement sur un allume-cigare, sur piles ou sur batterie.
Une attention particulière doit être accordée à la taille des téterelles : si elle est trop petite, le mamelon va frotter contre les parois du tire-lait, risquant de causer douleurs et/ou blessures ; si elle est trop grande, le tirage risque d’être douloureux et moins efficace.
À savoir : depuis l’arrêté du 11 mars 2019 "portant modification des modalités de prise en charge des tire-lait", le pharmacien ou le prestataire loueur est obligé d’informer la mère sur différents points, notamment l’utilisation, le nettoyage, le choix de téterelles adaptées. Les autres points à connaître de cet arrêté sont les suivants : la première prescription est limitée à 10 semaines, elle est ensuite renouvelable par 3 mois ; le forfait de location est maintenant de 7,50 € par semaine ; un jeu de téterelles (simple ou double pompage) est remboursé par tranche de 6 mois.
Comment tirer
Que l’on tire son lait à la main ou avec un tire-lait, les mêmes questions se posent : quand vaut-il mieux le faire ? Près ou loin d’une tétée ? Pendant combien de temps ? Combien de fois par jour ? Quelle quantité faut-il tirer ? Toutes ces questions appellent des réponses différentes selon ce que l’on cherche à obtenir.
Certaines mères expriment leur lait en remplacement des tétées, d’autres finissent de drainer le sein après la tétée afin de stimuler la lactation et d’augmenter leur production (3). D’autres encore expriment un peu de lait parfois avant la tétée, pour diminuer un peu le débit du premier réflexe d’éjection...
D’une manière générale, des tirages courts (10 à 15 minutes en double pompage) et fréquents semblent plus efficaces que des tirages longs et plus espacés. Chaque mère, après s’être informée, finira par trouver la routine qui lui convient, étant donné son but et les contraintes qu’elle vit (4).
Il est aussi bon de garder en tête que le sein est fait pour donner du lait à la bouche d’un bébé, pas à une machine. Il est donc normal que les premières fois, rien ne vienne, ou seulement quelques gouttes (ce qui fait d’ailleurs que tirer son lait pour vérifier si on a du lait ou non n’est pas représentatif de la quantité de lait que la mère produit ou que le bébé boit lors d’une tétée). Il ne faut pas s’inquiéter, au bout de quelques fois, le lait jaillira aussi dans le tire-lait, et ce d’autant plus si l’on connaît quelques "trucs" pour aider au déclenchement du réflexe d’éjection : regarder une photo du bébé, sentir un linge avec son odeur, écouter une musique relaxante... ou mieux : le bébé qui tète d’un sein pendant qu’on tire de l’autre ! Il peut également être judicieux de ne pas trop se focaliser pendant le tirage sur la quantité de lait recueillie dans les récipients, voire même de les couvrir d’un linge ou de chaussettes pour être sûre de ne pas regarder ! Enfin, masser ses seins avant et/ou pendant l’expression, ou faire la compression mammaire après l’expression, permet, d’après plusieurs études, d’obtenir nettement plus de lait.
Quand ?
Après la reprise du travail, si l’on bénéficie des pauses d’allaitement prévues par le Code du travail (5), c’est bien sûr à ces moments-là qu’on tirera son lait. Sinon, n’importe quel moment de pause peut être utilisé, notamment les pauses déjeuner.
Certaines mères profitent des temps de transport pour tirer : dans les toilettes du train, dans la voiture si quelqu’un d’autre conduit, et même en conduisant si l’on a un kit mains libres ou un tire-lait nomade qui s’insère dans le soutien-gorge (ces tire-lait permettent de tirer vraiment n’importe où !).
Certaines femmes cadres qui disposent d’un bureau individuel, où elles ont la possibilité de s’enfermer, peuvent tirer leur lait tout en continuant à travailler. Dans ce cas, un système qui permet de tirer en gardant les mains libres ou un modèle nomade peut s’avérer utile.
Enfin, certaines mères ne tirent pas du tout pendant leur journée de travail, et tirent à la maison.
Où ?
Si l’on ne tire pas chez soi, l’idéal est bien sûr de disposer d’un endroit où l’on sera seule et tranquille pour tirer.
Pour celles qui disposent d’un bureau individuel, le lieu est tout trouvé. Mais toute pièce propre et où l’on dispose d’un minimum d’intimité peut convenir : l’infirmerie de l’entreprise, une pièce inoccupée qu’on met à leur disposition (si possible pas le placard à balai...).
Mais beaucoup de femmes se voient contraintes de tirer leur lait dans les toilettes, leur voiture, un local de service..., ne disposent pas d’un réfrigérateur pour stocker le lait tiré et doivent l’entreposer dans une glacière, etc.
Dans certaines entreprises nord-américaines, des "lactation rooms" ont été installées. Il s’agit de locaux permettant de tirer son lait dans l’intimité, mettant à la disposition des salariées des fauteuils confortables, un ou des tire-lait électriques, un réfrigérateur, un téléphone et une connexion Internet pour celles qui souhaitent travailler tout en tirant, de la lecture et des lecteurs de CD pour les autres...
Même si ce genre de local dédié à l’allaitement est encore rare en France, on commence à en trouver dans certains lieux de travail. C’est le cas par exemple à l’hôpital de Cherbourg depuis 2009, à l’Université de Rennes depuis 2023, à la Maison des avocats de Paris depuis l’an dernier.
Rappelons que, d’après le Code du travail, tout employeur employant plus de cent salariées peut être mis en demeure d’installer un local dédié à l’allaitement dans son établissement ou à proximité.
Et ajoutons que si l’on ne dispose pas d’un local adapté, les tire-lait nomades permettent de tirer à son bureau, même s’il est vitré ou en open space, voire en réunion de travail, à condition que le tire-lait soit vraiment silencieux !
Comment transporter le lait ?
Si l’on tire son lait au travail, il sera bon de disposer d’un réfrigérateur pour le stocker jusqu’à la fin de la journée de travail. À défaut, on pourra utiliser une glacière portative. Celle-ci sera également bien utile pour transporter le lait entre le travail et son domicile, ou entre le travail et le lieu d’accueil de l’enfant.
En effet, si l’on va soi-même rechercher le bébé, il sera préférable de laisser le lait pour le lendemain chez la nounou ou à la crèche, plutôt que lui imposer un transport supplémentaire.
Il existe des sacs spéciaux pour les femmes qui travaillent et allaitent, permettant de transporter soit uniquement le lait dans un compartiment réfrigéré, soit également le tire-lait.
Cela dit, un sac isotherme ordinaire avec un pain de glace peut très bien convenir, et reviendra moins cher.
Dans quoi le conserver ?
Pour ce qui est maintenant des récipients, on peut dire que le seul qui soit parfait, c’est l’emballage d’origine, à savoir le sein, mais que tout récipient bien lavé et rincé, et pouvant fermer hermétiquement, peut convenir. On vérifiera que les contenants choisis sont en bon état, non percés, et à usage alimentaire.
Au cours des dernières années, les écoles se sont affrontées pour savoir quel matériau, du verre ou du plastique, était préférable. Actuellement, il semble que les meilleurs choix, notamment pour la congélation, soient les récipients en verre (de préférence teinté) ou en plastique rigide.
Mais avec la découverte récente de la gigantesque pollution aux microplastiques, peut-être serait-il judicieux de privilégier le verre, en fin de compte ?
On trouve dans le commerce des petits pots de conservation qui peuvent convenir, mais l’on peut tout à fait utiliser des récipients moins coûteux, par exemple des petits pots de conserve en verre, des pots à confiture, des pots à yaourt en verre, des petites bouteilles de jus de fruit, etc.
On peut également utiliser des sacs de congélation à usage unique spécialement conçus pour protéger et conserver le lait maternel. Certaines mères vont utiliser des sacs de congélation "ordinaires", plus fins que les sacs spéciaux. Mieux vaut dans ce cas les doubler, pour éviter le risque de les voir craquer et de perdre le précieux liquide. À savoir : les graisses du lait ont tendance à adhérer au plastique de ce type de sachets.
Certaines aussi congèlent leur lait dans des sacs à glaçons (ou dans un bac à glaçons souple, voire un moule à petits gâteaux en silicone), ce qui permet d’avoir de petites portions.
Attention à ne pas remplir les récipients à ras bord, car à la congélation, le lait va augmenter de volume.
Étiquetez chaque récipient avec la date du recueil, et le nom du bébé s’il est gardé dans une structure collective.
Quelle quantité prévoir ?
Voilà bien une question à laquelle il est pratiquement impossible de répondre, tant cela peut varier, depuis le bébé qui va quasiment "jeûner" toute la journée jusqu’à celui qui va s’enfiler deux ou trois biberons de 150 ml.
On trouve parfois des "formules" savantes censées dire combien le bébé va prendre, en fonction de son âge, de son poids, etc. Mais elles ne valent pas grand-chose.
Pour la ration sur 24 heures, on table généralement sur une prise de 150 ml par kg et par jour (valable pendant un certain temps : ça n’augmente pas tant que ça avec l’âge). Une étude sur la consommation de bébés âgés de 3 mois a trouvé une moyenne de 750-800 ml par jour, avec des extrêmes du genre 650 à 1200 ml.
Mais comment savoir quelle proportion de sa ration journalière le bébé va prendre pendant qu’il sera gardé ? La seule chose à faire est de prévoir un peu large au début et d’ajuster selon ce qu’on observe, tout en laissant éventuellement dans le lieu d’accueil une petite réserve de lait congelé.
Ajoutons que, pour la plupart, les bébés allaités boivent plus souvent que les bébés nourris au lait industriel et des volumes moindres à chaque fois. Cela peut perturber la/les personnes qui gardent l’enfant, habituées qu’elles sont à des bébés prenant de grands volumes, jusqu’à 210 ml. Les mères doivent leur expliquer cette spécificité du bébé allaité, et éviter ainsi que ces professionnelles essaient d’atteindre les volumes auxquels elles sont habituées, demandant aux mères de tirer de plus en plus, avec pour conséquence un bébé qui n’a pas envie de téter quand sa mère le récupère.
Combien de temps peut-il se conserver ?
Le lait simplement réfrigéré est toujours préférable au lait congelé, car la congélation détruit certains de ses facteurs anti-infectieux et abaisse au fil du temps le taux de certains de ses nutriments (d’où l’intérêt de faire tourner son stock en utilisant en priorité les laits les plus "anciens").
Or le lait humain se conserve au réfrigérateur beaucoup plus longtemps qu’on ne le croit habituellement : sa propriété de limiter la prolifération des bactéries pathogènes ne s’exerce pas seulement dans les intestins du bébé, mais aussi dans le récipient où on le stocke (6) !
En 2017, l’Academy of Breastfeeding Medicine a revu toute la littérature scientifique disponible sur le sujet, pour aboutir aux temps de conservation suivants : à température ambiante, jusqu’à 8 heures à < 27°, jusqu’à 4 heures entre 27° et 32° ; jusqu’à 8 jours dans un réfrigérateur à 4° nettoyé régulièrement ; jusqu’à 12 mois au congélateur à - 18°.
Ces durées sont la limite à ne pas dépasser, comme une date limite d’utilisation. Elles ne sont pas cumulables entre elles (7).
Elles sont valables pour un usage domestique (les hôpitaux et les lactariums peuvent avoir des règles différentes), pour un bébé à la maison et en bonne santé, la mère ayant soigneusement lavé au préalable ses mains et les récipients utilisés.
Il est possible de mélanger dans les 24 heures le lait issu de plusieurs tirages, à condition que les laits soient à la même température au moment du mélange.
Attention, chez certaines mères, le lait tiré prend, après un temps de réfrigération ou de congélation, une odeur et un goût différents, plutôt désagréables. Le lait reste tout à fait correct d’un point de vue nutritionnel et certains bébés le boiront sans problème, tandis que d’autres le refuseront.
Pour éviter de se retrouver avec un stock de lait congelé inutilisable, il est donc prudent de faire au préalable le test sur un échantillon (8).
Comment le donner ou le faire donner ?
La réponse spontanée chez nous est : au biberon. Or c’est loin d’être la seule solution, ni peut-être la meilleure. Le biberon risque en effet de provoquer chez le bébé une perturbation de sa succion, qui peut l’amener à "mal" téter au sein et/ou à le refuser. Ce risque est maximal les premières semaines de vie de l’enfant, mais il ne disparaît jamais tout à fait. D’autre part, même s’ils sont peu nombreux, un certain nombre de bébés vont continuer à refuser le biberon chez la nounou ou à la crèche.
Pour ces raisons, il est bon de savoir que le lait (maternel ou artificiel d’ailleurs) peut être donné au bébé avec plein d’autres ustensiles : cuiller, pipette, seringue à médicaments, SoftCup, petit gobelet sans couvercle, biberon muni d’un bec souple (éventuellement sans la valve) à la place d’une tétine, tasse à bec, paille (9)... Habituées à manier un biberon, les personnes qui gardent l’enfant sont souvent dans un premier temps réticentes à essayer ces autres contenants. Mais généralement, après un temps d’adaptation où pas mal de lait se retrouve sur le bavoir, le bébé et sa gardienne finissent par très bien se débrouiller.
Et si le biberon semble inévitable, on pourra suggérer qu’il soit donné "quasi à l’horizontale", ce qui permet au bébé de maîtriser sa prise alimentaire (10).
Les personnes qui vont donner le lait à l’enfant doivent par ailleurs être informées
– que le lait peut avoir des couleurs, des textures, des odeurs... variées, sans que cela soit un problème ;
– que le lait maternel n’étant pas homogénéisé, la crème se sépare du reste, presque transparent ; et que cela ne veut pas dire que le lait a "tourné" : il suffit de l’agiter doucement pour remélanger le tout ;
– que pour le décongeler et le réchauffer, le mieux est de mettre le récipient sous un robinet d’eau froide en ajoutant progressivement de l’eau chaude, ou de le mettre dans un chauffe-biberon thermostat 1 ; qu’on peut aussi le mettre au réfrigérateur la veille au soir pour qu’il décongèle pendant la nuit ; qu’il ne faut par contre ni le décongeler ni le réchauffer au micro-ondes, ni le réchauffer directement sur le feu. À savoir : certains bébés accepteront sans problème du lait non réchauffé ;
– qu’un biberon entamé et non terminé n’est pas systématiquement à jeter. Plusieurs études (11) ont montré qu’un biberon de lait maternel entamé peut attendre au réfrigérateur le prochain repas, au plus tard dans la journée, sans risque de prolifération bactérienne ;
– qu’il est néanmoins préférable de disposer de lait en petites portions (et donc que les parents le fournissent ainsi), ce qui évite de se trouver avec du lait entamé non consommé ;
– qu’une fois décongelé, le lait se conserve au réfrigérateur pendant 24 heures après la sortie du récipient du congélateur, et ne doit pas être recongelé.
Jusqu’à quand tirer son lait ?
Tout dépend de la raison pour laquelle on a commencé à tirer.
Si c’était pour lancer/augmenter/relancer/induire une lactation, on arrêtera quand le but recherché aura été atteint.
Si l’on tire-allaite, cela peut durer aussi longtemps qu’un allaitement au sein, selon le souhait de la mère et de l’enfant.
Lorsqu’on reprend le travail avant que le bébé ait 6 mois, on a généralement envie de tirer son lait afin qu’il continue à bénéficier d’un allaitement exclusif jusqu’à ses 6 mois, comme le recommandent aussi bien l’OMS que le ministère de la Santé. On pourrait donc penser que les femmes qui tirent leur lait arrêtent de le faire aux 6 mois de l’enfant, et qu’ensuite, le bébé continue à téter lorsqu’il est avec sa mère et prend des solides quand il est gardé. Dans les faits, la plupart des mères continuent à tirer bien au-delà des fameux 6 mois, car elles pensent, à juste titre, que leur enfant bénéficiera d’avoir, tout au long de sa première année, une alimentation majoritairement composée de lait maternel. Et que ce lait est bien préférable au lait 2e âge qu’on lui donnerait sinon à la crèche.
Généralement, on arrête de tirer son lait soit parce qu’on en a assez (assez d’y passer sa pause déjeuner au lieu de manger avec les collègues, assez des séances de tire-lait, assez d’avoir à gérer le lait tiré...), soit parce que l’enfant n’est plus intéressé pour le boire.
L’aventure du tire-allaitement sera alors terminée...
Claude Didierjean-Jouveau
(1) Voir Le point sur les études sur l’expression anténatale du colostrum, n° 174 des Dossiers de l’allaitement, septembre 2021.
(2) Voir les vidéos sur cette page.
(3) Pour augmenter sa lactation, voir la technique du power pumping ou marathon de tirages.
(4) Voir l’article de Nancy Mohrbacher Quelle quantité de lait devez-vous vous attendre à tirer ?
(5) Voir Allaitement et travail, ce que dit la loi.
(6) Voir la page Conservation du lait humain, quelques études.
(7) Protocole de l’Academy of Breastfeeding Medicine Conservation du lait humain destiné à un usage domestique pour un bébé né à terme.
(8) Voir Quand le lait tiré prend un mauvais goût.
(9) Voir Donner son lait autrement qu’au sein.
(10) Voir Le biberon donné quasi à l'horizontale.
(12) Notamment : Fogleman AD et al., Storage of unfed and leftover mothers’ own milk, Breastfeed Med 2018 ; 13(1) : 42-9.







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