Article publié dans les Dossiers de l'allaitement n° 41 (Octobre-Novembre-Décembre 1999)
« Il faut réhabiliter le bavoir »
Pr Dominique Turck
« Les régurgitations sont essentiellement un problème de lessive, non un problème médical »
Dr Gregory White
La plupart des bébés régurgitent, en raison du manque de tonicité du cardia et de l’immaturité des mécanismes physiologiques de la vidange gastrique. De plus, les nourrissons ont une alimentation liquide dont le volume rapporté à leur poids est très important ; en effet, pour un adulte de 65 kg, la quantité de lait absorbée par un bébé de 5 kg correspondrait à environ 8 litres par jour. Une étude portant sur 948 enfants a montré que :
• la moitié des nourrissons de 3 mois régurgitaient au moins une fois par jour
• la fréquence maximum des régurgitations était observée à 4 mois chez 67 % des enfants
• la prévalence des régurgitations passait de 61 % à 21% entre 6 et 7 mois
• 23 % des enfants régurgitaient au moins 4 fois par jour à 5 mois, contre 7 % des enfants de 7 mois.
La plupart du temps, le reflux est donc un phénomène normal, physiologique, qui disparaîtra avec le temps et la prise régulière d’une position plus verticale (assise, puis debout).
Mais parfois, un bébé souffre d’un « réel » reflux gastro-œsophagien (RGO). Le contenu de l’estomac remonte chroniquement dans l’œsophage, qui sera irrité par le contact répété avec un liquide acide. Cela s’accompagne souvent de régurgitations, mais il peut arriver que le bébé ne régurgite pas et manifeste simplement sa souffrance par ses pleurs. Là aussi, ce phénomène se résoudra spontanément avec le temps, les symptômes disparaissant chez la plupart des enfants entre 9 et 12 mois. Chez certains enfants, le RGO sera associé à une autre pathologie (encéphalopathie, hernie hiatale…) ; ces enfants auront généralement besoin d’un traitement assez lourd au long cours, ou d’une intervention chirurgicale.
Symptômes les plus courants
• Des régurgitations et/ou vomissements fréquents, présents dans 90 % des cas
• Des troubles importants du sommeil
• Des pleurs fréquents et inconsolables
• Un enfant agité pendant les tétées
• Un bébé qui veut téter en permanence ou au contraire qui semble ne pas aimer téter.
Rarement, le RGO peut devenir un problème de santé sérieux. Il peut provoquer une œsophagite, avec douleurs importantes à type de brûlures rétrosternales ascendantes, et parfois une inhalation de liquide gastrique (pouvant induire une infection pulmonaire, voire exceptionnellement le décès). Seront considérés comme des signes inquiétants, nécessitant une exploration :
• une prise de poids insuffisante
• des problèmes respiratoires : bronchite, toux, wheezing, pneumonie, épisodes d’apnée et de cyanose, étouffements
• une dysphagie, une irritation pharyngée, des crachements de sang
• des malaises, des pertes de connaissance
Une allergie peut être à l’origine du RGO, ou peut rendre sérieux un problème qui serait autrement bénin. Une étude portant sur 204 nourrissons souffrant de RGO a retrouvé une allergie aux protéines du lait de vache chez 41,8 % d’entre eux. Les auteurs recommandaient de rechercher l’existence d’une telle allergie (ou d’une allergie à un autre aliment) chez tous les bébés présentant un sérieux problème de reflux. Le tabagisme passif peut aussi jouer un rôle ; une étude a retrouvé une corrélation linéaire entre l’importance de la tabagie passive à laquelle l’enfant était exposé et la fréquence des épisodes de reflux chez l’enfant ; les auteurs notaient que les mères qui allaitaient étaient moins souvent fumeuses que les mères qui donnaient un lait industriel (18,2 % contre 34 %).
Des examens complémentaires peuvent éventuellement être effectués. Leurs résultats ne sont pas toujours probants, et ces examens sont perturbants pour l’enfant. Ils devraient donc être réservés aux cas de RGO sévère :
• la pHmétrie œsophagienne nécessite la pose d’une sonde œsophagienne pendant au moins 18 heures
• le TOGD décèlera une malposition du cardia, une hernie hiatale, une anomalie de la vidange gastrique, une œsophagite sévère
• l’endoscopie permettra d’objectiver l’œsophagite et de préciser sa gravité.
L’allaitement peut et doit être poursuivi lorsqu’un enfant souffre d’un RGO. Des études ont montré que le RGO était moins fréquent chez les enfants allaités, et que les symptômes en étaient moins sévères. Le lait humain se digère plus vite et plus facilement que le lait industriel ; moins le lait passe de temps dans l’estomac, et plus le risque de reflux est bas. Le pH gastrique après absorption de lait humain est plus bas qu’après absorption de lait industriel, ce qui accélère encore la vidange gastrique chez l’enfant allaité. Une étude de Heacock et al, portant sur 37 enfants allaités et 37 enfants nourris au lait industriel, a analysé la survenue du reflux dans les 4 heures suivant un repas. Il y a eu 83 épisodes de reflux chez les enfants allaités, contre 144 chez les enfants nourris au lait industriel. Par ailleurs, le lait maternel est une substance humaine ; en cas d’inhalation bronchique, il posera moins de problèmes que le lait industriel.
Les mesures thérapeutiques de base
Avoir un bébé qui souffre de RGO n’est pas facile à vivre pour les parents. Ils pourront se sentir totalement incompétents devant ce bébé qui pleure pendant des heures, et qui semble inconsolable. La mère pourra penser que son bébé souffre à cause de son lait. Vous pourrez la rassurer en lui disant que le lait maternel est ce qu’il y a de mieux pour son bébé en pareil cas. Les mesures suivantes seront utiles :
• Garder l’enfant en position verticale pendant et après les tétées. La gravité aidera à éviter les remontées acides. Porter l’enfant régulièrement dans un porte-bébé qui le maintient en position verticale, en veillant à éviter une compression abdominale. Le mettre au sein en faisant en sorte qu’il ait la tête plus haut placée que le tronc. Porter souvent le bébé. Pleurer régulièrement augmente le risque de reflux. Ne pas trop serrer les couches (préférer les couches qui s’attachent sous l’ombilic). Se méfier des « maxi-cosis » dans lesquels l’enfant est tassé sur lui-même.
• Lui faire faire des rots à plusieurs reprises pendant la tétée, surtout s’il tète goulument. Moins il aura d’air dans l’estomac, moins il risquera d’avoir un reflux.
• L’augmentation de la fréquence des repas et la diminution de leur volume n’ont pas réellement fait la preuve de leur efficacité, mais semblent cependant être des mesures de bon sens : un estomac moins rempli débordera moins volontiers qu’un estomac distendu par un volume important de liquide. Préférer donc les petites tétées fréquentes. Le lait coulera moins vite et le bébé avalera moins d’air. Si nécessaire, ne donner à l’enfant qu’un seul sein par tétée.
• Éviter de donner à l’enfant tout liquide non indispensable ; proscrire tout particulièrement les jus de fruit acides.
• Certains bébés souhaitent téter souvent parce que le fait d’avaler du lait diminue l’acidité œsophagienne en tamponnant les sécrétions gastriques, et que la succion a un effet calmant. D’autres enfants comprendront rapidement que le fait de manger est suivi de manifestations douloureuses, et pourront refuser de téter. Dans ce cas, il sera utile de varier les positions d’allaitement, de marcher pendant que l’enfant tète, d’avoir beaucoup de contacts physiques avec lui.
• En cas de RGO sévère, sur prescription médicale, un traitement postural pourra être institué. L’enfant sera alors placé pour dormir en position ventrale déclive à 30° jusque vers environ 5-6 mois, maintenu par un harnais. Par la suite, l’enfant tolérant souvent mal le harnais, la tête du lit sera surélevée par des cales.
Les traitements médicamenteux
La nécessité d’un traitement médicamenteux doit être soigneusement pesée ; il représente en effet une contrainte importante, et il interfèrera de façon importante avec l’allaitement. Force est de constater que les régurgitations sont abusivement hypermédicalisées en France, ce qui est inquiétant dans la mesure où les traitements ne sont pas dénués d’effets iatrogènes. Une enquête effectuée en 1996 dans les Yvelines avait montré que 32 % des enfants de moins de 6 mois avaient un traitement anti-reflux, 90 % de ces enfants recevant du cisapride (Prépulsid®).
A priori, un traitement médicamenteux anti-reflux n’est pas indispensable chez un enfant dont la croissance est normale, et qui ne présente pas de symptômes indiquant des complications pulmonaires, sauf si les manifestations douloureuses sont importantes.
Épaissir le lait est encore fréquemment recommandé ; on recommandera alors de donner à l’enfant un épaississant avant les tétées (caroube, Gélopectose®, mucilage : Gulmik®, amidon de maïs : Magic Mix®). Des études ont toutefois montré que cela n’avait guère d’impact sur la symptomatologie d’un RGO sévère. En cas de régurgitations, le lait épaissi est nettement plus agressif pour la muqueuse œsophagienne que le lait seul. Par ailleurs, l’épaississement du lait a pour principal effet d’induire une constipation qui peut éventuellement aggraver le RGO. Ces épaississants peuvent améliorer la symptomatologie douloureuse, tout en laissant évoluer le RGO à bas bruit, ou aggraver l’ensemble du tableau. Une étude de Dietsch et coll a suivi 413 enfants souffrant de RGO. Chez les enfants de moins de 4 mois (n = 147, dont 19 % étaient exclusivement allaités, et 12,2 % étaient partiellement allaités), 87 % de ceux qui avaient une alimentation épaissie régurgitaient contre 58 % des enfants dont l’alimentation n’était pas épaissie. La diversification n’avait pas non plus d’impact favorable : 71,4 % des enfants qui avaient une alimentation diversifiée régurgitaient, contre 57,7 % des enfants qui ne consommaient que du lait.
Les accélérateurs de la vidange gastrique n’ont pas démontré d’efficacité significative sur la fréquence des épisodes de reflux, mais ils ont un impact sur la pHmétrie gastrique. Le métoclopramide (Primpéran®) n’est réellement efficace qu’à partir d’une posologie potentiellement toxique provoquant de fréquents effets iatrogènes neurologiques, raison pour laquelle il est à déconseiller. Le dompéridone (Motilium®) a démontré une efficacité à une posologie de 0,8 à 2 mg/kg/jour (Ndlr : la dompéridone a un effet galactogène rapporté mais n'a pas d'AMM en France pour cette indication). Le cisapride (Prépulsid®) peut être utilisé à la posologie de 0,6 à 0,8 mg/kg/jour (avec surveillance de l’espace QT par ECG).
Les antiacides (sels d’aluminium, de calcium, de magnésium, sucralfate, smectites…) ont pour rôle de diminuer les symptômes d’œsophagite, et en particulier les manifestations douloureuses. L’œsophagite peut en effet aggraver le manque de tonus du cardia, et favoriser le RGO. Leur effet clinique reste peu étudié ; ils ont peu d’effets secondaires.
Les antisécrétoires (cimétidine, ranitidine, oméprazole) ne sont normalement pas utilisés en pédiatrie. Bien que peu d’effets secondaires aient été signalés chez des bébés traités avec ces molécules, ils seront réservés aux cas de RGO sévères, ayant résisté aux autres traitements, sous contrôle endoscopique régulier, et pendant un temps aussi court que possible.
Voir aussi Régurgitations, reflux, RGO, épaississant, Gumilk...
Témoignage de V.B, infirmière.
Références – Bibliographie
• Gastroesophageal reflux or the spitty baby. C Magill Vlastos. Northern LLLights 1998, n°106.
• Breastfeeding the baby with gastroesophageal reflux. L Barmby. New Beg, Nov-Dec 1998, 175-76.
• Abus sur les reflux. Que Choisir 1998 ; 353 : 38-40.
• Influence of breast versus formula milk on physiological gastroe-sophageal reflux in healthy newborn infant. HJ Heacock, HE Jeffery, JL Baker and M Page. J Pediatr Gastroenterol Nutr 1992 ; 14 : 41-46. LLLettre des AM n°15, p.19.
• Gastroesophageal reflux and cow’s milk allergy in infants : a prospective study. G Iacono, A Carroccio, F Cavataio et al. J Allergy Clin Immunol 1996 : 97 : 822-27.
• Clinical and pH-metric characteristics of gastro-oesophageal reflux secondary to cow’s milk protein allergy. F Cavataio, G Iacono, G Montalto et al. Arch Dis Child 1996 ; 75(1) : 51-56.
• Environmental tobacco smoke exposure and gastroesophageal reflux in infants with apparent life-threatening events. B Alaswad, PL Toubas, JE Grunow. J Okla State Med Assoc 1996 ; 7(89) : 233-37.
• Prise en charge diététique du reflux gastro-oesophagien de l’enfant. J Dietsch, C Ezingeard, JP Chouraqui. Revue Internationale de Pédiatrie 1995 ; 260 : 58-62.
• Traitement médicamenteux du RGO de l’enfant. D Turck. Revue Internationale de Pediatrie 1995 ; 260 : 63-65.
• Prépulsid et allongement de l’espace QT. C Tahiri. J Pediatr Puériculture 1998 ; 11 ; 422-28.
• Le reflux gastro-oesophagien du nourrisson. P Foucaud, E Araujo, A de Truchis, S Jegaden, M Bellaiche, N Boige. Les Cahiers de la Puéricultrice 1997 ; 134 : 4-20.
Bonjour, ma fille Hannah est née le 3 août 2022, elle a un peu plus d’un mois. Comme sa sœur née en 2016 j’ai eu envie de l’allaiter. À la maternité elle a perdu du poids et l’allaitement a mis quelques jours à se mettre en place sous le contrôle et l’accompagnement d’une super équipe. Au retour à la maison les premiers jours se passent bien, elle dort la journée et la nuit ( des cycles de 2h puis 3h puis 4h) pas de pleurs la nuit juste pour téter. Mais depuis 2 semaines environ elle a commencé a beaucoup pleurer la journée. On a suspecté des coliques comme pour sa sœur, on a enchaîné les rdv avec la sage femme, le pédiatre, l’ostéopathe. Le pédiatre nous a dit d’arrêter la vitamine D (Zyma D) pour tester pendant 10 jours. Pas d’amélioration, toujours beaucoup de pleurs en journée ( pas la nuit) et elle se calme seulement dans nos bras. On commence à nous parler de reflux, elle a un traitement de pro biotique (biogaia) pendant un mois et de la polysilane pendant une semaine. Pas de nette amélioration. Elle est calme au sein et demande a beaucoup téter. Ses courbes sont normales elle grossit et grandit bien. Le pédiatre nous a dit d’essayer l’inexium pendant une semaine (4ml le matin) et de la revoir après s’il y a une amélioration on continuera le traitement sinon d’autres pistes seront étudiées. Je suis un peu perdue avec toutes ces informations et ces traitements. J’espère que nous trouverons vite la solution pour la soulager car elle souffre nous le voyons bien.
Bonjour Madame,
Votre commentaire m'est arrivé et c’est en tant que animatrice LLLFrance que je vous réponds. J’ai bien compris que vous êtes déstabilisée et inquiète face à votre bébé qui semble ne pas aller bien
N’étant pas médecin, je ne peux pas vous confirmer ou vous infirmer que votre bébé a un reflux gastro-œsophagien. Parfois il ne se manifeste pas par des régurgitations extériorisées, sur son drap ou son bavoir par exemple mais parce que l'on appelle des régurgitations internes : le contenu de l'estomac remonte dans l’œsophage, l'enfant déglutit, se gratte la gorge, tousse, met sa tête en arrière mais rien ne ressort par sa bouche, cela redescend dans l’estomac. Ces mouvements de haut en bas peuvent irriter l’œsophage et générer donc des douleurs. Ce qui est un peu étonnant c’est que la nuit, en position allongée, tout va bien.
Le Gaviscon, donné avant les tétées, crée comme une mousse surnageant dans l’estomac qui remonte en premier lors des remontées acides ce qui permet de protéger l’œsophage de l’acidité. Cela vaut peut-être le coup de le tester et de voir si votre bébé va mieux parce qu'on ne peut pas la laisser pleurer et avoir mal.
D'autre part vous expliquez que vous avez arrêté les PLV. Pour que cela ait un effet il faut faire cette éviction complétement c’est-à-dire dire 0 lait de vache et donc 0 laitage, pas de yaourt, pas de fromage blanc, pas de crème fraîche, pas de quiche avec du gruyère râpé, pas de raclette etc. 0 les brebis, 0 lait de chèvre, et 0 soja pour éviter des allergies croisées. Est-ce que vous faites ? Cela semble exigeant de tester ce régime 3 semaines mais avec tout ce qui est proposé actuellement pour les personnes qui ne consomment pas de laits on arrive à très bien manger.
Surtout n'hésitez pas à lire sur notre site les pages sur les allergies et puis vous pouvez vous procurer dans notre boutique le numéro de notre revue Allaiter Aujourd’hui qui porte sur ce thème et qui est riche de tous les témoignages envoyés par les mamans.
Bon maternage par l’allaitement
Bonjour ma fille de 5 semaines à plusieurs des symptômes décrit (se tortille et s'énerve au sein, pleurs inconsolables, dort très peu la journée), elle a beaucoup de gaz et pleure quand elle fait caca, cependant la nuit elle n a rien de tout ça. Le pédiatre m a prescrit du gaviscon mais comment savoir que c'est bien un rgo je ne voudrais pas lui donner un médicament si ce n est pas ça, elle ne régurgite et ne vomi pas, j ai un REF mais elle le gère bien, j'ai aussi arrêté les PLV depuis sa 1ère semaine de vie mais pas de changement.. je suis une peu perdue
Bonjour, peut etre tard mais,en lisant ces témoignages, surtout celui de Liloo kuhner, cela me fait penser au vécu de ma fille ! Et après ses mois de cauchemard..son bébé a fini par être guéri !!: c'était un syndrome de Kiss, méconnu en France(bien pris en charge en Allemagne. .) ou souvent nié par les médecins. En une seule séance d'ostéopathie à 4 mains (Dr Larcher) déjà une amélioration évidente et subite. Puis guéri après 3 séances. Espérons que mon témoignage aidera des parents dépourvus ..pour le plus grand soulagement de leurs enfants!!
Il y a également le site de l'ABRA (http://bebe-reflux-allergie.org/) signalé dans le dossier :
https://www.lllfrance.org/vous-informer/votre-allaitement/surmonter-les-obstacles/931-regurgitations-et-allaitement
Les conseils thérapeutique de ce site oublient toute la partie alimentation, j'ai trouvé une aide intéressante sur le site reflux nourrisson.fr
Ma fille a 8 mois. Elle a un RGO interne diagnostiqué par moi meme dès 10 jours de vie. L'allaitement exclusif a été cahin caha pendant 6 mois. Elle a bien grossit 2 mois, puis moins bien car muguet resistant (2 mois de traitement). Depuis que j'ai repris le boulot à 6 mois, elle ne tete plus efficacement qd je la vois et comme j'arrive pas a tirer mon lait (30 a 40ml par jour tout au plus), elle a du lait artificiel. Pas folle ma fille, elle en boit peu, selon les jours et ses douleurs. mais voila: depuis deux mois donc, elle enchaine bronchite/diarrhées/bronchiolites... Et bien sûr cassure de sa courbe de poids. Quand elle refuse son biberon a la creche ils lui donnent une compote. c'est pas ça qui va la remplumer. Nous avons connu 1 semaine sans douleurs pdt mes vacacnes (seins a volonté) entre la fin de la bronchiolite et une nouvelle gastro avec vomissements en jet. 1 semaine d'un bébé souriant, rigolard, espiègle et faisant ses nuits. Puis retour au cauchemar. J'ai acheté du lait de riz, mais mademoiselle n'aime pas. Elle s'agit au sein, prefere manger ses pieds, se retourner pour regarder ailleurs, lacher le sein pour pleurer en se jetant en arrière, puis le reprendre, puis recommencer, jusqu'au refuser le sein ... j'ai bien sûr fait une eviction des proteines de lait de vache de mon alimentation. Je suis assez souvent inquiète et desesperee. L'écharpe elle se debat. Allaiter en marchant ne la calme plus (pourtant j'en ai fait des longueurs). Elle deteste dormir sur le ventre. Elle se raidit très souvent, jusqu'a se tordre en arriere. Elle veut etre debout pour etre heureuse. Je ne sais plus quoi faire. J'aimerais tant pouvoir arreter de bosser et reprendre là où nous en etions avant les bronchites /otites et compagnie. Quel creve coeur! l'aimentation solide , elle adore par contre. j'ai la chance de n'etre reveillée que 2 fois par nuit à present. Mais avoir un bébé qui pelure, qui vous repousse meme ds les bras, c'est très dur. Merci de vos temoignages, de montrer qu'il faut rien lacher, que ça va passer ds qq temps (9 a 12 mois? chouette, on y est presque). Je reclame au medecind es tests pour les allergies, pas l'air pressé...
Merci pour ces témoignages, et pour les explications dans ce dossier, ma fille de 4 mois réclamait à têter tout le temps, et semblait gênée, rien de comparable avec les témoignages de certaines maman, elle ne pleurait pas tout le temps, loin de là, mais elle criait plutôt après les tétées, voulait être portée souvent, quand j'ai insisté auprès de mon pédiatre, il l'a mise sous inexium.
Et elle a espacé ses tétées, se plaignait moins, une vraie amélioration, même si elle semble encore gênée certains jours. Mais je me pose beaucoup de question sur les raisons de son oesophagite, et sur mon lait, s'il faut épaissir le lait comme le pédiatre préconise, si cela vient de ce que je mange.... bref c'est pas évident. Je pense essayer de supprimer le gluten de mon alimentation, le but étant d'arrêter l'inexium au plus vite, j'aimerais lutter contre la cause au lieu de traiter les effets. A suivre...
Bon courage à toutes les mamans qui connaissent ce problème et qui ne sont pas écoutées, et je vous dit à toutes ce qu'on m'a dit à la maternité: vous êtes la plus compétente pour vous occuper de votre bébé, faites vous confiance et suivez vos intuitions !
Bonjour
ANDREA votre message me fait un bien fou!!! Enfin je ne suis pas seule.
Bon courage a vous
Nathalie
Oh là là, Comme ça fait du bien de vous lire, toutes!!!! MA fille a 20 mois et nous ne sommes toujours pas sortis de cette galère. PH-Métrie la semaine prochaine. ENNNNNNFIIIINNNN on m'entend. Après 3 otites, un faux-coup et une bronchite obstructive en 2 mois. Nous avons tellement souffert, tous les trois, les nuits sans sommeil, les doutes à n'en plus finir, les crevasses aux seins pendant les 3 premiers mois, les tendinites aux deux pouces pendant plus d'une année. La bercer, encore et encore. En marchant sans relâche. Des nuits entières à la verticale contre moi. Les livres d'Aletha Solter qui augmentent encore les doutes, si bébé pleure il faut l'encourager. Si on le met sans cesse au sein on le rend dépendant de ce besoin (plus tard tabagisme, boulimie,...).
Le pédiatre qui me dit de la laisser pleurer, de lui apprendre à faire ses nuits. Que de tétouiller sans cesse va lui "staser"son foie. La fatigue, l'épuisement. Impossible de la confier plus d'une heure.
Bref, enfin enfin je comprends par quoi nous avons passé. Et je suis heureuse d'avoir tenu bon. De l'allaiter encore pour apaiser ses nuits. De la voir sourire, courir, parler, chanter, malgré toutes ces souffrances.
Mais il est vrai que cela a beaucoup terni notre première expérience de parents. Heureusement notre couple est solide. Heureusement que son papa n'a jamais voulu jouer le rôle du tiers séparateur. Heureusement que j'ai des amis qui m'ont soutenue, encore et encore, à me dire que je suis une bonne maman. Parce que quand on a un bébé de 9 mois et qu'on est incapable de comprendre ses pleurs, de décrire son rythme, qu'il ne dort ni le jour ni la nuit, on se dit forcément que l'on fait tout faux.
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